À Nouville, la réparation navale pourrait devenir une nouvelle source d’activité pour la Calédonie. Le projet vise à entretenir sur place des bateaux aujourd’hui envoyés à l’étranger, tout en attirant des clients du Pacifique. Avec une ambition concrète : faire travailler les entreprises du pays.
Du travail à garder au pays. Les besoins concernent notamment les bateaux qui desservent les îles, mais aussi les bâtiments militaires. Certaines opérations d’entretien de la Marine nationale sont réalisées en Australie, en Nouvelle-Zélande ou en Polynésie. Un chantier mieux équipé à Nouméa pourrait prendre en charge une partie de ces interventions et proposer ses services aux armateurs de la région.
Pour les entreprises calédoniennes, ce marché ouvrirait de nouveaux débouchés. Mécanique, soudure, travail du métal : les compétences existent déjà, notamment dans la mine et la métallurgie. Selon Christopher Gygès, interrogé par NC La 1ère, des échanges ont été engagés avec la Banque des territoires et de grands groupes susceptibles de participer au projet et de faire travailler les sociétés locales.
Le dossier a pris une nouvelle dimension le 1er octobre à Paris. Lors du sommet Choose Outre-mer, le ministère des Outre-mer a présenté le pôle du Port autonome parmi les projets d’investissement, avec un montant de 70 millions d’euros, soit environ 8,35 milliards de francs CFP. Cette annonce ne signifie toutefois pas que l’ensemble du financement est bouclé.
Des installations à faire évoluer. À Nouville, les deux cales du Port autonome permettent actuellement de sortir de l’eau des navires de 200 et 1 000 tonnes. Leurs propriétaires organisent ensuite les travaux. Le projet prévoit d’adapter les équipements à des bateaux plus grands, mais aussi de proposer une prise en charge complète de leur entretien.
L’armateur aurait ainsi un seul interlocuteur pour organiser les interventions et répondre du résultat. Le futur centre devrait convaincre ses clients par ses prestations et ses tarifs, face aux autres chantiers de la région.
Une étude commandée par le gouvernement et la province Sud, financée par l’Agence française de développement, propose plusieurs solutions d’aménagement, de gestion et de financement. Le site envisagé est celui de l’actuelle cale de halage de Nouville, en face du Camp-Est. Le choix des équipements et le calendrier doivent encore être précisés. L’enjeu sera de transformer les besoins d’entretien des navires en commandes pour les entreprises et en emplois pour le pays.
Credit photo : Gouvernement NC « La cale de halage de Nouville en 2023. »

