[Mise à jour du 5 octobre à 16h00] La lettre de Nicolas Metzdorf suscite plusieurs réactions au Vanuatu. L’opposition exige des excuses du député calédonien, tandis qu’une publication du bureau du Premier ministre dénonce à son tour le ton du courrier et affirme qu’il n’a pas été reçu par un canal diplomatique officiel.
Dans sa lettre du 1er octobre, que Nicolas Metzdorf affirme avoir adressée au Premier ministre Jotham Napat, le député répondait aux revendications sur Matthew et Hunter par une série de piques. Il proposait notamment de placer plusieurs îles vanuataises sous administration française au moyen d’un bail territorial.
Après le FLNKS, le chef de l’opposition vanuataise, Ishmael Kalsakau, a réagi dans un communiqué daté du 5 octobre, relayé par le mouvement indépendantiste. Il dénonce une lettre offensante et paternaliste, qu’il considère comme une atteinte à la souveraineté du pays.
Une appellation qui ne passe pas. L’emploi du nom « Condominium des Nouvelles-Hébrides », ancienne appellation coloniale du Vanuatu, concentre une partie des critiques. L’opposition rappelle que le pays est indépendant depuis le 30 juillet 1980 et voit dans cette référence une insulte à son histoire.
Elle rejette également la proposition de louer des îles à la France en échange d’infrastructures et de services, ainsi que les références aux difficultés économiques et aux cyclones. Ishmael Kalsakau exige « des excuses sans condition et demande à l’ambassadeur de France et au gouvernement français de se désolidariser des propos du député. »
Son communiqué réaffirme aussi le soutien de l’opposition à l’indépendance de la Kanaky et à l’autodétermination du peuple kanak.
Le bureau du Premier ministre réagit aussi. Une réponse a également été publiée sur la page Facebook du ministère du Premier ministre. Signée par le chargé des relations publiques de son bureau, elle précise que ni Jotham Napat ni ses services n’ont reçu la lettre par un canal diplomatique officiel.
Le texte dénonce « un ton insultant et néocolonial« , défend la souveraineté du Vanuatu et rejette l’idée d’échanger des terres contre des services ou la nationalité française. Il appelle la France à condamner le courrier et estime que celui-ci devrait être transmis au Forum des îles du Pacifique et au comité spécial de décolonisation de l’ONU.
Le chargé des relations publiques précise que le Premier ministre ne répondra pas lui-même, jugeant le ton du courrier indigne d’une réponse officielle de sa part.
Cette polémique intervient sur fond de différend territorial autour de Matthew et Hunter. Le 28 septembre, à l’ONU, le représentant du Vanuatu, Odo Tevi, avait invité la France à accepter la compétence de la Cour internationale de justice pour trancher ce dossier.

