Plus de deux ans après les destructions de 2024, le commerce calédonien peine toujours à retrouver son équilibre. À la baisse du pouvoir d’achat s’ajoutent de nouvelles habitudes de consommation et le développement des achats en ligne. Dans le Grand Nouméa, les commerçants doivent s’adapter alors que beaucoup manquent encore de moyens pour investir.
Pour mesurer ces transformations, la CCI-NC a mené un diagnostic avec les commerçants, les communes, le gouvernement et la province Sud. Présentée vendredi 11 septembre, l’étude a débouché sur 70 propositions pour revitaliser le secteur.
Parmi les pistes avancées : faciliter l’installation des commerces, moderniser les points de vente, développer le numérique, diversifier l’offre et renforcer la sécurité. Le diagnostic recommande également de rendre les centres-villes plus agréables pour les piétons et les familles, avec davantage de loisirs et d’espaces de convivialité.
« L’objectif de cette étude, ce n’est pas de rester au stade du constat : c’est d’amener des décisions concrètes derrière », affirme Gil Brial, premier vice-président de la province Sud.
Des aides davantage ouvertes aux commerces
Longtemps considérés comme suffisamment autonomes, les commerces étaient peu concernés par le Code des aides pour le soutien de l’économie, le CASE. La crise de 2024 a changé la donne.
Le dispositif a été modifié pour mieux accompagner leurs investissements, notamment la rénovation et la modernisation des boutiques. L’aide à la numérisation doit également évoluer pour suivre les nouveaux usages. Les commerces représentent déjà 36 % de ses bénéficiaires.
Le programme Sud Coaching, dont 20 % des bénéficiaires sont des commerçants, permet de travailler sur des difficultés très concrètes : aménagement, gestion des stocks, communication ou référencement.
L’aide à la sécurisation des entreprises sera également pérennisée et adaptée aux nouveaux besoins. La Province souhaite enfin soutenir les communes dans la mise en place de « managers de commerce », chargés de faire le lien entre les collectivités et les professionnels.
Pour les commerçants, tout se jouera maintenant sur du concret : combien, pour qui et à partir de quand ?
