Pour apprendre à l’école, encore faut-il pouvoir y aller et manger le midi. Entre les difficultés des transports scolaires à Lifou et les tensions sur les cantines de l’enseignement catholique, ces besoins élémentaires deviennent des sujets d’inquiétude. Mais à part ça, tout va bien.
Dans son courrier du 27 octobre, la DDEC annonce qu’à partir du 16 novembre, la cantine et les services d’accueil seront réservés aux élèves dont les factures sont à jour. Les familles en difficulté sont invitées à contacter leur établissement pour chercher des solutions. Une démarche indispensable, car derrière chaque facture impayée, les situations peuvent être très différentes.
Bien sûr, les repas ont un coût, les personnels doivent être payés et les familles doivent prendre leur part. Une cantine ne fonctionne pas à coups de bonnes intentions. Mais lorsque les financements publics manquent et que les réserves s’épuisent, c’est jusque dans l’assiette des enfants que le problème finit par arriver.
Il faut aussi rappeler que l’enseignement catholique, bien que privé, bénéficie déjà d’importants financements publics. Cela n’interdit pas de réclamer des moyens suffisants, mais oblige à rendre compte clairement de leur utilisation. Les collectivités doivent préciser leurs engagements et la DDEC expliquer ses besoins.
La DDEC affirme avoir puisé 370,5 millions de francs pour compenser les financements manquants des écoles en 2025 et 2026. Sa trésorerie devrait tomber autour de 90 millions en fin d’année. Elle assure ne plus pouvoir faire l’avance et demande aux collectivités des engagements écrits d’ici le 15 novembre, pour des versements avant le 15 décembre.
Ce calendrier dit assez l’urgence. Il dit aussi l’échec d’un système dans lequel un service aussi quotidien que la cantine reste suspendu aux réponses des uns et aux possibilités des autres.
Le bras de fer dure depuis des années. En 2023, la province Sud avait recentré sa contribution sur les collèges, réduisant fortement les financements de la DDEC. Depuis, celle-ci dénonce des moyens insuffisants, tandis que la province assure tenir ses engagements et couvrir une partie du financement communal.
Qui doit payer quoi ? Les collectivités ont leurs contraintes, la DDEC doit rendre compte de sa gestion et les parents régler leurs factures. Mais additionner les responsabilités ne suffit pas à faire fonctionner une cantine.
La rentrée 2027 approche, avec la même promesse d’accueillir tous les élèves. Combien de courriers d’alerte faudra-t-il encore pour sortir de l’urgence ?
Les enfants ne décident ni des budgets ni du partage de la facture. Ce sont pourtant eux qui risquent de trouver porte close. À force de se demander qui doit payer, on finit par oublier pour qui.
