Encaisser en magasin, vendre en ligne et suivre ses règlements depuis une seule plateforme : c’est la proposition de Mobupay. Portée par les frères Thomas, cette entreprise calédonienne mise sur la simplicité et les tarifs pour convaincre les professionnels dans un marché déjà largement occupé par la CSB.

Présentée le 27 octobre à La Station N, à Nouméa, l’offre trouve son origine dans les difficultés de Need Eat. Cyriaque et Auxence Thomas ont créé cette plateforme de livraison de repas en 2020, avant de cofonder Mobupay avec leur frère Enguerrand.

Chez Need Eat, un paiement doit être réparti entre plusieurs intervenants, notamment le restaurant, le livreur et la plateforme. Selon les fondateurs, les outils disponibles répondaient mal à cette organisation. Ils ont engagé dès 2022 le développement d’une solution, avec l’idée de l’ouvrir à d’autres professionnels.

Du comptoir à la vente en ligne

Mobupay propose des terminaux de paiement, des encaissements sur les sites marchands et des liens de règlement à transmettre aux clients. L’ensemble est regroupé dans une interface permettant de suivre les transactions de plusieurs points de vente ou sociétés.

Pour les plateformes réunissant plusieurs commerçants, le service prévoit une répartition automatique des sommes entre les bénéficiaires. Des outils de devis, de facturation et de relance complètent l’offre.

Ces fonctions sont déjà proposées sur d’autres marchés. Mobupay entend se distinguer par leur adaptation aux besoins locaux et par l’accompagnement d’une équipe basée en Nouvelle-Calédonie.

Le prix comme argument

L’entreprise mise sur l’achat du terminal plutôt que sur sa location. Le premier modèle est affiché sur son site à 21 350 F CFP TTC, contre 19 900 F annoncés dans le communiqué de lancement.

Les encaissements sont proposés sans abonnement, mais restent soumis à des commissions. Au premier palier, les tarifs de base s’établissent à 1 % plus 4 F par transaction sur terminal et à 1,4 % plus 10 F en ligne, hors taxes. Ils diminuent avec les volumes encaissés, tandis que des suppléments s’appliquent selon les cartes utilisées.

Le module de facturation est vendu séparément, avec un abonnement annoncé à 1 000 F CFP par mois, auquel s’ajoute un coût par facture émise.

L’économie réelle dépendra donc de l’activité de chaque professionnel, du type de cartes de ses clients et des services retenus. Le prix du terminal ne suffira pas, à lui seul, à départager les offres.

Une ambition au-delà du territoire

Mobupay indique développer sa plateforme en interne et exercer comme agent de paiement d’eZyness, filiale du groupe La Banque Postale. Le projet associe ainsi une technologie développée localement à une infrastructure de paiement française réglementée.

L’entreprise souhaite renforcer sa présence en Polynésie française et à Wallis-et-Futuna, avant de poursuivre son développement vers l’Hexagone et l’Europe.

Quelle place face à la CSB ?

Sur le marché calédonien, Mobupay arrive face à la CSB, qui indique traiter la très grande majorité des opérations par carte du territoire. Cet acteur historique propose déjà des terminaux, du paiement en ligne et le portefeuille mobile CF-Pay.

Dans une économie en crise, la promesse de réduire les frais trouvera-t-elle suffisamment d’écho auprès des commerçants ? Et le gain sera-t-il assez important pour les convaincre de changer de prestataire, sur un service où la fiabilité reste décisive ?