Le Congrès n’a pas approuvé, ce mardi 28 juillet, le compte administratif 2025 de la Nouvelle-Calédonie. Les élus ont décidé de reporter son examen à septembre, le temps d’obtenir des explications de l’État sur la façon dont les aides exceptionnelles accordées après les émeutes de 2024 ont été inscrites dans les comptes.
Ces comptes affichent un excédent de 27,9 milliards de francs qui suscite des interrogations. En cause, le traitement des 23,3 milliards de francs d’avances de trésorerie versés par l’État après les émeutes.
Les élus préfèrent attendre les précisions de l’État avant de valider définitivement les comptes.
À l’origine de la motion préjudicielle, Milakulo Tukumuli, président de l’Éveil océanien et appelé à présider le 19ᵉ gouvernement, a estimé qu’il valait mieux repousser le vote plutôt que d’approuver des comptes qui pourraient ensuite être modifiés.
Le dossier sera donc repris par le 19ᵉ gouvernement, qui sera élu vendredi. Il devra relancer l’examen du compte administratif avant celui du budget supplémentaire.
Adoptée par 28 voix, la motion a été soutenue par la majorité. Kanaky NC a voté contre, estimant que le débat devait avoir lieu immédiatement afin de faire toute la lumière sur la situation financière de la collectivité. L’UNI s’est, de son côté, abstenue.
Fin août, une délégation du futur gouvernement et des groupes politiques du Congrès ira à Paris pour discuter avec l’État de ce dossier, mais aussi des difficultés financières de la Nouvelle-Calédonie
Au-delà de ce dossier, les finances de la collectivité restent sous pression. Les recettes fiscales ont reculé d’environ 18 milliards de francs en 2025 et, selon plusieurs responsables politiques, il manquerait encore près de 12 milliards de francs pour boucler le budget d’ici à la fin de l’année.
Dans un communiqué publié après la séance, Kanaky NC, qui s’est opposé au report, estime que « les Calédoniens sont en droit d’exiger de la transparence » sur la situation financière du pays. Le groupe annonce qu’il demandera la création d’une commission d’enquête sur les décisions budgétaires et comptables prises ces dernières années ainsi que sur les échanges entre la Nouvelle-Calédonie et l’État.

