Chaque année, entre 600 et 800 jeunes quittent le système scolaire calédonien sans diplôme. Pour tenter d’enrayer ce phénomène, l’État et la province Sud lancent « Bien avec mon école » (BAME), un dispositif expérimental qui sera déployé pendant cinq ans dans neuf écoles prioritaires de Nouméa, Dumbéa, Païta et du Mont-Dore, dans le cadre du Pacte de refondation.
Présenté ce mardi à l’école Maurice-Fonrobert, à Kaméré, le programme vise à intervenir dès les premières années de scolarité auprès des enfants confrontés à des difficultés éducatives, sociales ou sanitaires. « Dès la maternelle, certains enfants arrivent à l’école sans maîtriser le langage oral ou en s’exprimant très peu en classe. Il faut agir le plus tôt possible », a expliqué la présidente de la province Sud, Sonia Backès.
Le dispositif permettra le déploiement de 33 professionnels dans les neuf écoles pilotes, dont 26 postes financés par l’État. Ils comprendront des enseignants supplémentaires, des assistants éducatifs, des postes d’insertion citoyenne ainsi qu’une brigade mobile réunissant travailleurs sociaux, psychologues, orthophonistes et infirmiers.
Leur mission sera d’accompagner les élèves, mais aussi leurs familles lorsque les difficultés sociales ou sanitaires risquent de compromettre la réussite scolaire.
L’État financera ce programme à hauteur de 199 millions de francs CFP par an pendant cinq ans, soit près d’un milliard de francs CFP au total. Pour 2026, une enveloppe de 100 millions de francs CFP est prévue afin d’accompagner son lancement.
Au-delà du soutien scolaire, « Bien avec mon école » prévoit des activités éducatives, sportives et culturelles pendant les vacances afin de limiter les ruptures dans les apprentissages.
La province Sud souhaite également instaurer un service de petits-déjeuners dans les écoles concernées, après avoir constaté que certains enfants ne prennent qu’un seul repas par jour, celui servi à la cantine. Un appel d’offres est en cours avec un objectif de déploiement avant la rentrée 2027.
Le dispositif a vocation à dépasser le cadre de cette expérimentation. Selon Amaury Decludt, directeur de la Mission interministérielle, des discussions sont déjà engagées avec le gouvernement, les communes et les autres provinces afin de l’étendre progressivement à l’ensemble du territoire.
L’expérimentation fera l’objet d’une évaluation annuelle menée par une docteure en sciences de l’éducation, en partenariat avec l’Université de la Nouvelle-Calédonie. L’objectif sera de mesurer l’efficacité du dispositif, de l’ajuster si nécessaire et d’identifier les actions les plus efficaces pour lutter durablement contre le décrochage scolaire.
Photo : haut-commissariat NC

