Après avoir multiplié les revendications sur le foncier, l’immobilier, la santé, les transports, les carburants, les banques, Air Calédonie ou encore plusieurs grandes entreprises calédoniennes, l’ONG Eniana ouvre un nouveau front : les accords miniers de Goro.
Dans un courrier cosigné avec le clan État Nadjo-Kadjeu, elle conteste la validité de l’ensemble des accords conclus depuis 1999 sur le foncier de Goro. Les auteurs estiment que le clan n’a jamais été consulté et réclament leur suspension immédiate.
Daté du 25 juillet et enregistré le 27 juillet par le Haut-Commissariat, Prony Resources, le gouvernement, le Congrès, la Province Sud, le Sénat coutumier et le tribunal de Nouméa, le document affirme que ces accords ont été conclus sans le « consentement libre, préalable et éclairé » du clan, qui se présente comme le propriétaire coutumier légitime de ces terres.
Les signataires soutiennent qu’aucune consultation conforme aux règles coutumières n’a été organisée et qu’aucun représentant qu’ils jugent légitime n’a validé les accords. Pour appuyer leur démarche, ils invoquent la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, la Convention n°169 de l’Organisation internationale du travail, le droit coutumier kanak ainsi que les textes applicables en Nouvelle-Calédonie.
Ils demandent notamment la suspension des accords, l’arrêt des activités qui en découlent, l’ouverture d’une nouvelle consultation coutumière, la communication de l’ensemble des documents relatifs au projet et la mise en place d’un nouveau cadre de négociation avec les autorités provinciales.
En conclusion, les auteurs rappellent que ce consentement constitue, selon eux, une obligation juridique internationale et une exigence fondamentale du droit coutumier.
Le document porte plusieurs signatures accompagnées d’empreintes digitales, sous la dénomination « Mu Gouvernance Quinquennale Clanique de Transition ».
À ce stade, ni Prony Resources ni les autres destinataires du courrier n’ont réagi publiquement à cette initiative.

