Comme beaucoup de médias calédoniens, nous nous apprêtions à relayer un article publié dans Time Out Australia. S’appuyant sur les données d’Expedia, il indique que la Nouvelle-Calédonie est la destination insulaire qui enregistre la plus forte progression de l’intérêt des voyageurs australiens en 2026, avec une hausse de 75 % des recherches en un an.

Selon Expedia, cet engouement s’explique notamment par la proximité de la Nouvelle-Calédonie, accessible en moins de trois heures de vol depuis Sydney ou Brisbane. Le classement met également en avant son lagon inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, ses plages, ses sentiers de randonnée, le Cœur de Voh, la culture kanak et sa gastronomie aux influences françaises.

Avant de le publier, nous avons parcouru les commentaires laissés sous les articles des autres titres de la presse calédonienne qui avaient déjà relayé cette information. C’est finalement cette lecture qui nous a donné envie d’écrire ces quelques lignes.

Les réactions sont souvent les mêmes : « Poisson d’avril », « Qui a payé l’article ? », « Ils ont fumé un arbre », « Fake news ou lobbying ? ». D’autres rappellent les prix élevés, l’insécurité ou les difficultés du territoire. Ces critiques existent et personne ne peut les ignorer. En revanche, ce qui interpelle, c’est qu’une information positive semble désormais immédiatement suspecte.

Pourtant, l’article ne dit pas que la Calédonie a retrouvé son niveau touristique d’avant 2024. Il rapporte simplement qu’Expedia observe une forte progression des recherches effectuées par les Australiens sur la destination. Un regain d’intérêt, pas un retour massif des touristes.

Ce décalage entre l’information et les réactions est révélateur. Le scepticisme ne vient pas des Australiens, mais des Calédoniens eux-mêmes. Comme si nous étions devenus incapables de croire qu’une bonne nouvelle puisse encore concerner notre territoire.

Bien sûr, la Nouvelle-Calédonie doit encore relever de nombreux défis : le coût de la vie, la sécurité, l’accueil ou encore l’offre touristique. Mais faut-il pour autant balayer le moindre signal encourageant sous prétexte qu’il ne correspond pas à notre perception de la situation ?

À force de répéter que la Nouvelle-Calédonie est « invendable » et que plus personne ne veut y venir, nous entretenons nous-mêmes une image dont nous déplorons ensuite les conséquences.

Le tourisme ne se relèvera pas grâce à un article australien. En revanche, il aura bien du mal à repartir si les premiers à ne plus croire en la destination sont les Calédoniens eux-mêmes.