Une enquête judiciaire a été ouverte après les violences survenues dans la nuit de vendredi à samedi à l’Île des Pins, quelques heures avant les élections provinciales. Les investigations, confiées à la brigade de recherches de Nouméa et à la brigade de gendarmerie de l’Île des Pins, portent notamment sur des faits de destruction par incendie, dégradations de biens publics, vols en réunion, violences contre les forces de l’ordre et outrages.
Rappel des faits
Vers 0h30, les gendarmes ont été alertés d’un incendie dans un local communal situé à côté de la mairie de Vao. À leur arrivée, ils ont surpris cinq jeunes individus qui tentaient d’éteindre le feu. Selon les premiers éléments de l’enquête, ils semblaient fortement alcoolisés.
Alors que le groupe prenait la fuite, les militaires sont parvenus à interpeller un mineur de 17 ans. Celui-ci, en état d’ivresse manifeste, a été placé en dégrisement. Sa garde à vue n’avait pas encore pu être notifiée au moment de la communication du parquet.
Le sinistre a provoqué d’importants dégâts. Le bureau où l’incendie s’est déclaré a été entièrement détruit et les flammes ont atteint une partie de la toiture. De nombreux vitrages ont également été brisés par des jets de pierres. La fumée s’est propagée jusqu’à la salle du conseil municipal, utilisée comme bureau de vote pour le scrutin provincial de ce dimanche.
Le maire a toutefois prévu son nettoyage afin de permettre son ouverture dans la journée. Les deux drapeaux de la Nouvelle-Calédonie ont également été dérobés.
L’intervention des gendarmes, épaulés par des escadrons de gendarmerie mobile, s’est ensuite poursuivie dans un climat particulièrement tendu. Des individus ont lancé de nombreuses pierres en direction des forces de l’ordre. Un militaire a été victime d’un traumatisme sonore et son état fait l’objet d’une évaluation médicale. Deux véhicules de service ont également été endommagés par les projectiles.
Le parquet indique que les investigations se poursuivent afin d’identifier l’ensemble des auteurs de ces faits. Les autorités dénoncent des actes particulièrement graves, commis au préjudice de la commune et des forces de l’ordre, à la veille d’un scrutin provincial qualifié de moment essentiel de la vie démocratique.
Le Haut-commissariat a modifié en urgence l’organisation du scrutin de ce dimanche 28 juin. Le bureau de vote n°1 ne sera pas installé dans son emplacement habituel mais à la cantine municipale du village de Vao. Cette décision, prise au titre d’un cas de force majeure, vise à permettre le bon déroulement des élections malgré les dégradations survenues à la veille du scrutin.
