À la veille des élections provinciales, une commercante Calédonienne a souhaité partager son ras-le-bol. Derrière ce témoignage, c’est un sentiment d’injustice que beaucoup disent aujourd’hui ressentir.

« Je ne demande pas de passe-droit. Je demande simplement que les mêmes règles s’appliquent à tout le monde. »

À chaque campagne électorale, on nous promet des réformes, de la simplification, du soutien au pouvoir d’achat ou aux entreprises. Pourtant, sur le terrain, beaucoup ont le sentiment que les véritables difficultés restent les mêmes.

Ceux qui paient leur patente, leurs cotisations sociales, leur RUAMM, leurs impôts et se conforment aux réglementations ont parfois l’impression d’être les premiers, et souvent les seuls, à devoir rendre des comptes.

Le récent contrôle du marché du 7e Km, mené dans le cadre d’une opération territoriale anti-fraude, a relancé un débat qui dépasse largement ce seul événement. Personne ne conteste la nécessité de lutter contre la fraude ou le travail dissimulé. La question soulevée est ailleurs : pourquoi cette même rigueur ne semble-t-elle pas s’appliquer avec la même intensité à l’ensemble des activités concernées ?

Les interrogations dépassent d’ailleurs le seul commerce. Occupations de terrains, squats, fiscalité ou respect des obligations administratives : beaucoup dénoncent des différences de traitement difficiles à comprendre.

Dans une économie toujours fragilisée par les conséquences des émeutes, pourquoi les efforts semblent-ils reposer, une fois encore, sur les mêmes contribuables, les mêmes entreprises et les mêmes commerçants ?

Le malaise s’étend également au secteur bancaire. Frais de rejet parfois supérieurs au montant de l’opération, délais pour les virements, les retraites, les salaires ou l’encaissement des chèques, multiplication des frais annexes… Pendant que de nombreuses entreprises luttent simplement pour maintenir leur activité, elles ont souvent le sentiment d’être davantage pénalisées qu’accompagnées.

Ce n’est pas seulement mon coup de gueule. C’est celui de nombreux Calédoniens qui continuent de respecter les règles et de faire vivre l’économie malgré les difficultés. Nous ne demandons pas moins de règles. Nous demandons simplement qu’elles soient les mêmes pour tous.

L’équité n’est pas un privilège, c’est un droit. À force de donner le sentiment que certains supportent l’essentiel des contraintes pendant que d’autres y échappent, la confiance envers les institutions s’érode.

Ce message s’adresse à nos élus, à nos institutions, aux chambres consulaires et, plus largement, à tous ceux qui ont le pouvoir d’agir. Il est temps d’entendre cette colère et d’ouvrir un véritable débat sur l’équité. Car appliquer les mêmes règles à tous ne devrait pas être une revendication. Cela devrait être une évidence.