Après le rejet à l’Assemblée nationale de l’accord de Bougival / Élysée-Oudinot, la Chambre de commerce et d’industrie de Nouvelle-Calédonie alerte sur une situation économique critique et appelle à un électrochoc immédiat pour éviter un enlisement durable de l’économie du territoire.
Cette décision intervient dans un contexte déjà extrêmement dégradé. Deux ans après les émeutes, l’économie calédonienne reste profondément fragilisée et exposée à un risque de récession prolongée, avec des conséquences directes sur l’ensemble du tissu économique et social.
Face à cette situation, la CCI-NC appelle à une relance immédiate, à la hauteur des enjeux. Elle plaide pour la mise en place d’un véritable choc de confiance, jugé indispensable pour relancer la consommation, stimuler l’investissement et favoriser le retour des Calédoniens engagés dans la reconstruction du territoire.
Ce sursaut doit notamment s’appuyer sur le volet économique de l’accord, à savoir le pacte de refondation économique et sociale. Celui-ci reposait sur plusieurs axes structurants :
Le redressement des finances publiques locales, avec une trajectoire de maîtrise des dépenses et de réforme de la fiscalité ;
le retour à une dette soutenable, notamment via des mécanismes de désendettement ; ainsi que la relance de l’économie autour de secteurs stratégiques comme le nickel.
Il prévoyait également un accompagnement financier important de l’État pour soutenir la reconstruction et restaurer l’attractivité du territoire.
Dans l’immédiat, la CCI appelle à des mesures opérationnelles rapides pour soutenir l’économie. Elle plaide pour une accélération des investissements publics afin de relancer l’activité, ainsi qu’un accompagnement renforcé des entreprises, notamment pour soulager leur trésorerie.
Elle insiste également sur la nécessité, côté local, de créer un environnement favorable à la reprise, en enclenchant sans attendre les ajustements nécessaires et en restaurant la visibilité pour les acteurs économiques.
Pour la Chambre de commerce, l’urgence est désormais totale : entreprises fragilisées, confiance en berne, défaillances en hausse.
Une vision qui tranche nettement avec celle portée par les indépendantistes, dont le député Emmanuel Tjibaou, évoquait récemment sur NC1 un cap économique centré sur le nickel, le café et le cacao, de quoi alimenter le décalage entre les réponses attendues face à la crise et les orientations proposées.
