Le gouvernement a présenté, ce mercredi 17 décembre, son plan de relance du tourisme avec un objectif clairement affiché : accueillir au moins 250 000 visiteurs d’ici 2032. Une ambition élevée, alors que le secteur peine encore à se relever de la crise insurrectionnelle et que la fréquentation touristique a, historiquement, rarement dépassé les 100 000 visiteurs par an.
Les chiffres actuels illustrent le retard accumulé. Entre janvier et octobre, un peu plus de 44 500 visiteurs ont été recensés, contre près de 100 000 sur la même période en 2023. Même lors de son pic, en 2019, la Nouvelle-Calédonie n’avait accueilli qu’environ 130 000 voyageurs, un niveau jamais retrouvé depuis. Dans ce contexte, l’objectif de 250 000 touristes correspond à un quasi-doublement du meilleur niveau jamais atteint sur le territoire.
La feuille de route gouvernementale repose sur plusieurs leviers structurants. Selon l’exécutif, cette trajectoire est atteignable à condition d’augmenter fortement les moyens consacrés à la promotion internationale. Les budgets dédiés pourraient ainsi passer, sous réserve du vote budgétaire, de 250 à au moins 400 millions de francs, financés notamment par la taxe croisière et un projet de taxe sur les hébergements de type Airbnb.
Le transport aérien constitue un pilier central de la relance. La fréquentation touristique dépend directement des liaisons et des sièges disponibles, une offre qui s’est fortement réduite depuis les émeutes, avec notamment l’arrêt de vols vers Melbourne et Tokyo. Le gouvernement prévoit une reprise progressive des vols vers le Japon dès 2026, dans un premier temps sous la forme d’un vol charter mensuel, avant un possible retour à une liaison régulière en 2027. L’arrivée de nouvelles compagnies aériennes est également évoquée afin d’élargir l’offre sans fragiliser Aircalin.
La relance du tourisme passe enfin par l’hébergement et la formation. Selon les professionnels, les capacités actuelles permettraient d’accueillir au maximum 150 000 visiteurs, ce qui implique, à terme, de nouveaux projets hôteliers, notamment sur les segments moyen et haut de gamme. Le gouvernement entend également travailler sur la formation et la montée en compétences afin d’accompagner durablement le développement du secteur.
Je ne sais pas vous, mais malgré l’ampleur du défi et les nombreux obstacles à lever, nous, on a envie d’y croire.

