Dans la continuité de décisions déjà controversées, l’Agence sanitaire de Nouvelle-Calédonie se retrouve au cœur d’une nouvelle polémique. Cette fois, c’est la destruction d’un stock d’eau minérale FIJI, récemment importé à Nouméa, qui suscite l’incompréhension, aussi bien dans les milieux économiques que chez certains élus.

La Direction des Affaires Sanitaires et Sociales (DASS-NC) a ordonné récemment la saisie puis la destruction de cette eau, au motif qu’elle ne figurait pas sur la liste des produits autorisés à la vente en Nouvelle-Calédonie. En clair : elle n’avait pas le bon papier.

L’eau FIJI est pourtant consommée dans le monde entier, notamment aux États-Unis, au Japon et en Europe. Puisée dans la vallée de Yaqara, au nord de Viti Levu, elle est reconnue pour sa pureté, embouteillée sans contact humain, et figure parmi les produits phares de l’économie fidjienne.

Mais en Nouvelle-Calédonie, elle ne passe pas le filtre de la réglementation. Si l’on en croit un extrait d’une procédure judiciaire en cours, le jugement ne sera pas rendu avant mi-2026, preuve de la complexité du dossier. La DASS justifie sa décision au nom du principe de précaution sanitaire, bien qu’aucune analyse n’ait démontré le moindre risque pour la santé. Il s’agit donc d’un blocage strictement administratif.
Fait notable : Christopher Gyges, membre du gouvernement en charge du commerce extérieur, aurait qualifié cette destruction d’« aberrante », sans parvenir à faire changer d’avis l’administration.

Et pendant ce temps là… les importations de sodas sucrés, pourtant associées à des risques avérés d’obésité et de diabète, se poursuivent sans entrave. Deux poids, deux mesures ?

La question de fond dépasse largement celle d’une marque d’eau. Elle touche à la logique d’ouverture régionale affichée par la Nouvelle-Calédonie : comment prétendre construire des liens avec nos voisins du Pacifique tout en bannissant la première exportation alimentaire des Fidji ?

Derrière le zèle administratif, c’est aussi l’image de notre territoire qui est en jeu. Quel pays riche, sûr de lui et de sa culture, irait jusqu’à détruire de l’eau potable, et pas n’importe laquelle, au nom d’une réglementation tatillonne ? En pleine période de réchauffement climatique et de tensions commerciales, la question mérite d’être posée.