Ce samedi 25 octobre, à l’espace Kari Veo, le gouvernement organise le Symposium de la jeunesse 2025. Une journée d’échanges censée donner la parole aux jeunes et redéfinir le plan d’action jeunesse. Mais après les événements du 13 mai, où beaucoup se sont dits laissés pour compte, la vraie question est ailleurs : la jeunesse calédonienne se sentira-t-elle vraiment concernée ? Et fera-t-elle l’effort d’y participer ?

L’ambition affichée est forte : permettre aux jeunes Calédoniens de réfléchir ensemble à leur avenir et de contribuer à la construction du prochain plan d’action jeunesse 2026-2034. De 8 heures à 18 heures, l’espace Kari Veo accueillera témoignages, débats et créations artistiques autour de thèmes comme l’emploi, la santé mentale, la citoyenneté ou la culture.

Mais au-delà du cadre participatif, ce symposium intervient dans un contexte particulier. Un an 1/2 après les violences du 13 mai, une partie de la jeunesse calédonienne continue de se sentir mise à l’écart, sans perspectives réelles, ni reconnaissance. Entre le Grand Nouméa, la Brousse et les Îles, les réalités restent très différentes, parfois même opposées. L’enjeu, pour les organisateurs, sera donc de créer un espace où toutes les voix peuvent s’exprimer et pas seulement celles qui ont l’habitude d’être entendues.

Les chiffres en disent long : un jeune sur six a déjà envisagé le suicide, et seuls deux sur dix pratiquent une activité physique régulière. À cela s’ajoute une réalité scolaire préoccupante : près de 800 élèves décrochent chaque année du système éducatif, et l’absentéisme « lourd » concernerait plus de 5 % des lycéens professionnels. Derrière ces données se cache une génération traversée par le doute, la colère parfois, mais aussi par un profond désir d’avenir.

Reste à savoir si cette jeunesse, celle des quartiers, des tribus et des villages, se reconnaîtra dans cette initiative. Se sentira-t-elle concernée ? Fera-t-elle l’effort d’y participer ? Le succès du Symposium dépendra sans doute moins de la qualité des ateliers que de sa capacité à retisser le lien, à redonner confiance et à inclure ceux qui se sont sentis oubliés.

Le gouvernement espère en faire un point de départ vers une feuille de route plus juste, plus représentative, plus à l’écoute. Mais pour que la démarche prenne tout son sens, encore faut-il que la jeunesse calédonienne s’y voie, s’y retrouve, et s’y engage.