Le Syndicat du chanvre de Nouvelle-Calédonie annonce vouloir lancer une production de chanvre et de cannabis à usage médical dès le 16 décembre 2026. Dans une lettre ouverte, il réclame l’adoption des textes nécessaires avant le 31 décembre pour développer une filière tournée vers l’export, la recherche et l’industrie.

Le courrier ne précise toutefois ni les sites concernés, ni les volumes envisagés, ni les financements réunis ou les autorisations obtenues pour ce lancement.

Cette prise de position intervient après les jugements du 15 octobre dans l’affaire CBWEED, concernant les restrictions générales sur l’importation du CBD et son classement sanitaire. Le SCNC demande désormais un cadre pour organiser l’ensemble de la filière.

L’export plutôt que les seules boutiques

Le syndicat ne fait pas du marché calédonien son principal débouché. Il vise une production et une transformation destinées aux marchés internationaux autorisés, avec l’objectif de créer des emplois et des recettes d’exportation.

Il propose de répartir les activités de production, de transformation et de formation dans les communes. Pour soutenir cette filière, il envisage une holding ouverte aux résidents fiscaux calédoniens, associant capitaux privés et, lorsque le droit et la viabilité des projets le permettent, publics.

Le SCNC préconise des comptes audités, une sélection indépendante des projets et des retombées locales mesurables.

Des partenariats à concrétiser

La recherche pharmaceutique et la production de médicaments figurent parmi les ambitions, sous réserve des validations et autorisations nécessaires. Le syndicat cite l’UNC, l’IRD, le laboratoire d’analyses du Médipôle et NC Bio Ressources comme partenaires potentiels.

Il évoque également de possibles investisseurs étrangers et partenaires pharmaceutiques, tout en précisant que ces perspectives ne constituent pas des engagements acquis.

Le projet comprend aussi l’étude de matériaux biosourcés pour des équipements scientifiques et des drones, y compris certains usages de défense autorisés. Les débouchés restent à établir par des essais, des qualifications et des partenariats industriels.

Des contrôles et un calendrier

Le syndicat réclame la protection des mineurs et des espaces publics, ainsi qu’un circuit pharmaceutique pour les produits qui le justifient.

Il propose une application et un dispositif de traçabilité par QR code permettant de consulter l’origine des produits, leur composition, les analyses disponibles et les précautions d’emploi. L’outil serait accessible aux producteurs comme aux importateurs et mis gratuitement à disposition des institutions.

Le SCNC demande un contact sous huit jours, une réunion sous quinze jours et sa participation formelle aux travaux. Il sollicite le gouvernement et le Congrès pour les textes, les provinces et les communes pour le déploiement territorial, ainsi que l’État pour l’ingénierie relevant de ses compétences.

Pour le lancement annoncé le 16 décembre, le syndicat invoque un « droit à réciprocité » sans en préciser le fondement juridique. La lettre ne détaille pas les conditions pratiques et réglementaires dans lesquelles cette production commencerait.