Six militants kanak, dont Christian Tein, contestaient les conditions de leur arrestation et de leur transfert en métropole en juin 2024. Leur plainte contre quatre responsables du gouvernement de l’époque a été classée par la commission des requêtes de la Cour de justice de la République.
La plainte visant Gabriel Attal, Gérald Darmanin, Éric Dupond-Moretti et Sébastien Lecornu n’ira pas plus loin devant la CJR. Ce classement a été révélé vendredi 23 octobre par l’AFP. Les quatre hommes exerçaient respectivement les fonctions de Premier ministre et de ministres de l’Intérieur, de la Justice et des Armées au moment des faits.
La commission, chargée de filtrer les plaintes, estime que les éléments présentés ne caractérisent pas d’infraction pénale imputable aux ministres dans l’exercice de leurs fonctions. Elle considère que le transport vers l’Hexagone exécutait des décisions judiciaires ordonnant l’incarcération des militants.
Les six plaignants défendaient une autre lecture : selon eux, leur éloignement avait été préparé avant les décisions des juges, dans un objectif politique visant à neutraliser les responsables indépendantistes. Ils s’appuyaient notamment sur des échanges enregistrés lors d’une réunion de crise au ministère de l’Intérieur. Leur avocat, Me François Saint-Pierre, regrette ce classement et maintient ses accusations d’abus de pouvoir.
En juin 2024, après les arrestations de responsables de la CCAT, sept militants avaient été acheminés par avion militaire vers la métropole, puis répartis dans différentes prisons.
Ce classement concerne la plainte contre les ministres. Dans la procédure distincte visant les militants pour leur rôle présumé dans les émeutes, un non-lieu général a été prononcé en juin 2026. Le parquet ayant fait appel, cette décision n’est pas définitive.
