Que pensent les habitants de l’Hexagone de l’avenir calédonien ? Une enquête Ifop apporte des réponses, qui prennent une portée particulière avec la proposition de Jean-Luc Mélenchon d’organiser un référendum national.
Dans ce sondage commandé par la fédération politique régionaliste Régions et Peuples Solidaires, 43 % des personnes interrogées approuvent un parcours pouvant conduire la Nouvelle-Calédonie à l’indépendance par référendum. Elles sont 19 % à le désapprouver et 38 % à ne pas savoir répondre. Le soutien dépasse l’opposition, sans réunir la majorité des sondés.
L’enquête générale a été menée en ligne du 25 au 30 septembre 2026 auprès de 9 689 adultes vivant en France métropolitaine.
Le rapport affiche aussi 69 % d’approbation, mais uniquement parmi les personnes ayant donné un avis, en écartant les indécis. Dans une autre question, posée à 2 000 personnes, 67 % se disent favorables à « accorder l’indépendance à la Nouvelle-Calédonie-Kanaky ».
L’un porte donc sur un parcours pouvant mener à l’indépendance, l’autre sur l’indépendance elle-même.
Les indépendantistes y trouveront un encouragement. Les défenseurs du maintien dans la France souligneront que les sondés ne vivent pas ici. Ce regard de l’Hexagone ne dit pas ce que veulent aujourd’hui les Calédoniens.
Mais il pourrait peser dans les urnes. En cas de victoire de Jean-Luc Mélenchon, le projet présenté par LFI prévoit un référendum national, puis un référendum local, avec un objectif d’indépendance au 1er janvier 2028. Ces chiffres ne prédisent pourtant pas l’issue d’un vote. Répondre à un sondage et se prononcer sur un accord précis, après une campagne, sont deux choses différentes.
Sur quoi les Français, puis les Calédoniens seraient-ils appelés à voter ? Et que se passerait-il si les deux votes donnaient des résultats opposés ? Ces questions devront être clarifiées avant de présenter une issue comme acquise.
Pour les habitants du Caillou, l’avenir se joue aussi au quotidien : travailler, se soigner, payer ses factures et préparer l’avenir de ses enfants. Quel que soit le projet défendu, il faudra expliquer ce qu’il changerait concrètement, comment seraient financés les services publics et quelles garanties seraient apportées pour les retraites et l’emploi.
Si un sondage peut fournir un argument de campagne, il ne suffit pas à construire un avenir ni à donner confiance à ceux qui devront le vivre.
