Le nickel calédonien cherche un nouvel horizon en Europe. Le gouvernement a présenté au Congrès un projet de partenariat avec l’Union européenne. Une ouverture pour une filière en difficulté, qui attend encore de savoir quels investissements et quels débouchés pourraient en découler.
D’un côté, des usines calédoniennes qui peinent face à la concurrence de l’Indonésie et de la Chine. De l’autre, une Europe qui cherche à sécuriser ses approvisionnements. Le gouvernement veut rapprocher ces deux besoins pour donner des perspectives au nickel et aux milliers d’emplois qui en dépendent.
Un projet de protocole d’accord a ainsi été présenté à la commission spéciale nickel du Congrès. Derrière son sigle anglais, MoU, ce document doit poser les bases d’une coopération sur les matières premières critiques, avec le nickel au premier plan.
Une ouverture, encore peu de concret. Devant les élus, Céline Ruiz, cheffe du bureau de la Commission européenne pour les pays et territoires d’outre-mer du Pacifique, a salué « un échange très franc ». Elle a insisté sur le travail à engager dans les prochains mois, sans nourrir de fausses attentes. À ce stade, la communication du Congrès ne précise ni financement ni commande garantis pour les usines.
Pour Bruxelles, l’enjeu est de multiplier les fournisseurs afin de réduire sa dépendance à quelques pays. L’Europe vise notamment, d’ici à 2030, à ne pas tirer plus de 65 % de ses besoins en une matière première stratégique d’un seul pays extérieur à l’Union. Cet objectif est non contraignant, mais il explique la recherche de nouveaux partenaires.
La Calédonie pousse ses arguments. En mai dernier, une délégation institutionnelle et industrielle avait déjà fait le déplacement à Bruxelles. Ressources minières, exigences environnementales et sociales, transformation locale : le territoire avait défendu ses atouts et sa volonté de développer une coopération avec l’Europe, soutenue par l’État français.
Le prochain rendez-vous approche. Selon La Voix du Caillou, Stéphane Séjourné est attendu à partir du 16 octobre pour une visite qui devrait permettre la signature du partenariat. Le Congrès annonce une séance solennelle le lundi 19 octobre, en présence du vice-président exécutif de la Commission européenne chargé de la prospérité et de la stratégie industrielle.
La recherche a déjà engagé le rapprochement. Le Centre du nickel recherche technologie environnement compétitivité a rejoint RAMP, un partenariat international cofinancé par l’Union européenne. Les chercheurs et industriels calédoniens peuvent y travailler avec des partenaires étrangers sur l’extraction durable et la transformation des minerais. Le premier appel à projets dispose d’un budget indicatif de 40 millions d’euros pour l’ensemble des participants, et non pour la seule Nouvelle-Calédonie.
Mais dans les usines et les entreprises qui vivent de la mine, l’attente est immédiate. Il faut des investissements, des clients et de l’activité. Le partenariat ouvre une piste mais il faudra lui donner une réalité économique.

