Combien coûte le soutien à Air Calédonie, pour quels résultats et avec quelles conséquences pour les voyageurs ? Le groupe a déposé le 7 octobre au Congrès une proposition de résolution pour créer une commission d’enquête sur la compagnie et les conséquences du transfert pour les voyageurs.

Pour les habitants des îles, l’avenir d’Air Calédonie se mesure d’abord à la possibilité de prendre l’avion, au prix du billet et aux conditions du voyage. Pour les collectivités, il se traduit aussi par des aides répétées à une entreprise dont les finances restent fragiles. C’est sur ces deux fronts que le groupe Kanaky NC demande des éclaircissements.

La proposition vise à examiner la gestion de la compagnie, l’efficacité des financements publics et la solidité des solutions de redressement. Elle ne crée pas encore la commission : le Congrès devra se prononcer sur le texte.

Les montants avancés dans le document donnent la mesure des enjeux. Selon les rapports cités par ses auteurs, l’Agence pour la desserte aérienne de la Nouvelle-Calédonie (ADANC) a versé 1,7 milliard de francs à Air Calédonie entre 2013 et 2023. Plus d’un milliard supplémentaire a été apporté en 2024, puis environ 500 millions en 2025. La proposition fait parallèlement état d’une perte d’exploitation d’un milliard de francs en 2024.

Ces soutiens ont répondu à différents besoins, du remboursement d’emprunts au financement de départs volontaires pendant la crise sanitaire, en passant par la trésorerie. Les élus veulent désormais savoir si les choix engagés permettent d’envisager un équilibre durable.

Le transfert vers La Tontouta occupe une place centrale dans cette demande. Présenté dans le plan de transformation parmi les leviers de réduction des charges, le déménagement serait examiné sous l’angle de ses conséquences économiques et sociales, pour l’entreprise comme pour ses salariés, ses prestataires et ses passagers.

La commission devrait également évaluer les perspectives présentées par la direction. Trois pistes, présentées en octobre 2025, seraient passées au crible : liquider la compagnie, organiser une délégation de service public ou revoir son modèle économique avec un déploiement de la flotte au Vanuatu. La commission aurait à déterminer lesquelles peuvent tenir la route.

Si le texte est adopté, onze élus issus des différents groupes du Congrès mèneraient l’enquête, avec la possibilité d’auditionner les acteurs concernés et d’accéder aux documents nécessaires. Ils auraient un mois pour remettre leur rapport.

Demander des comptes est une chose. Rendre compte de ses propres choix en est une autre. Espérons que la commission saura faire les deux : la mémoire politique ne devrait pas être le seul bagage abandonné à Magenta.