Alcool, santé mentale, squats, personnes à la rue… À Nouméa, urgence sociale et tranquillité publique se croisent. Le nouveau Contrat nouméen de prévention et de sécurité 2026-2030 doit permettre à la Ville et à ses partenaires de mieux coordonner leurs interventions.
Réuni jeudi 8 octobre autour de la maire, du haut-commissaire et du procureur de la République, le Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance a examiné ces dossiers avec les acteurs sociaux et les forces de sécurité. Au cœur des échanges : la prise en charge des publics fragiles et une présence renforcée dans les quartiers.
Derrière le sigle CLSPD, une nécessité : faire travailler ensemble ceux qui interviennent sur des situations où se croisent difficultés sociales, problèmes de santé et tranquillité publique. La réunion a notamment porté sur l’accompagnement des personnes à la rue souffrant de troubles liés à l’alcool ou à la santé mentale, ainsi que sur la lutte contre les squats.
Autre priorité affichée : renforcer la proximité dans les quartiers. Un axe qui prolonge un travail engagé depuis plusieurs années. En mars 2023, la Ville, la police nationale et les bailleurs sociaux avaient déjà signé une convention pour intervenir plus tôt face aux problèmes de tranquillité dans les résidences. La prévention auprès des plus jeunes, confrontés à une déscolarisation de plus en plus précoce, figurait également au cœur des échanges.
Nouméa s’appuie sur son CLSPD depuis 2006. Présidée par le maire, cette instance réunit notamment l’État, la justice, la police nationale, le gouvernement et la province Sud. Son rôle : partager les constats, fixer des priorités et organiser des actions communes.
Le précédent contrat, qui couvrait la période 2021-2025, comportait une vingtaine d’actions autour de trois objectifs : prévenir la délinquance chez les jeunes, accompagner les victimes et améliorer la tranquillité publique. Décrochage scolaire, soutien aux familles, prévention de la récidive et traitement des ivresses publiques faisaient déjà partie des sujets suivis par les partenaires.
Le nouveau contrat 2026-2030 doit donner un cadre à la prochaine étape. La communication diffusée après la réunion en présente les orientations, sans détailler les moyens, le calendrier ni les mesures concrètes prévues pour chacun des dossiers.
Les institutions ont donc accordé leurs agendas et leurs ambitions. Une bonne nouvelle. Les Nouméens apprécieront si leurs problèmes bénéficient, à leur tour, de la même coordination.

