Depuis plusieurs mois, médecins, infirmiers et dentistes de l’Ordre de Malte se relaient dans les dispensaires de la province Nord. Une aide temporaire devenue précieuse dans des communes où le manque de personnel réduit parfois les consultations et impose le recours à la télémédecine.

Touho, Hienghène, Pouébo, Houaïlou, Poum ou encore Ouégoa ont déjà accueilli ces brigades itinérantes. Selon les besoins, elles assurent des consultations de médecine générale, des soins infirmiers ou dentaires, en soutien des équipes provinciales. À Touho, un médecin avait notamment renforcé un dispensaire qui en était privé depuis trois ans.

La mission se poursuit actuellement dans le Grand Nord. Jusqu’au 25 septembre, un dentiste et une infirmière interviennent au CMS de Poum, tandis qu’une seconde infirmière est affectée à Ouégoa. À Poum, les consultations dentaires sont proposées sur rendez-vous auprès du dispensaire au 47 74 70.

L’Ordre de Malte France est une association catholique hospitalière fondée en 1927 et reconnue d’utilité publique. Active dans la santé, le secourisme et l’accompagnement des personnes fragiles, elle dispose également d’une délégation locale en Nouvelle-Calédonie. L’arrivée de soignants venus de l’Hexagone a donné une nouvelle dimension à son action sur le territoire.

Le dispositif repose sur une convention signée le 22 août 2025 entre l’État, le gouvernement calédonien et l’Ordre de Malte. Il prévoit pendant un an plusieurs rotations de professionnels de santé dans les trois provinces, sous la coordination de la Direction des affaires sanitaires et sociales.

La facture est entièrement prise en charge par l’État, qui a accordé une enveloppe de 163,2 millions de francs, soit environ 1,37 million d’euros. Cette somme finance notamment la mobilisation, le déplacement et le déploiement des équipes médicales.

Ces renforts ne remplacent évidemment pas le recrutement durable de soignants dans le Nord. Ils permettent néanmoins de maintenir des consultations, de réduire certaines attentes et de soulager les personnels déjà en poste. Une réponse ponctuelle à une pénurie qui, elle, dure depuis plusieurs années.