Avec 50 nouveaux incendies recensés en octobre contre 95 en septembre, le dernier bilan de l’ŒIL montre un ralentissement des départs de feu. Le Nord concentre l’essentiel des zones potentiellement touchées, dans un contexte de sécheresse qui appelle à rester vigilant.

Au 31 octobre, 274 incendies ont été repérés depuis le début de l’année grâce aux observations satellitaires utilisées par l’ŒIL, l’observatoire de l’environnement en Nouvelle-Calédonie. Ce cumul reste dans la fourchette habituelle des années précédentes à la même date, près de 19 % sous la médiane historique. Un nombre relativement modéré qui ne dit toutefois rien de la gravité des dégâts sur le terrain.

Après une intensification de juillet à septembre, le rythme des nouveaux feux a presque été divisé par deux en octobre. Il reste néanmoins supérieur à celui de juillet et d’août. Le ralentissement est net dans les détections satellitaires, mais ne permet pas encore de conclure à une baisse durable.

La province Nord concentre environ 90 % des emprises associées aux incendies. Ouégoa compte notamment 49 événements recensés. À Koumac, le feu détecté à partir du 20 septembre présente la plus vaste emprise du bilan, avec près de 1 314 hectares potentiellement concernés.

Ces superficies ne correspondent pas à un décompte précis des hectares brûlés. Les satellites délimitent des zones susceptibles d’avoir été parcourues par le feu. Des images plus fines et des vérifications sur le terrain sont nécessaires pour établir les surfaces réellement touchées.

Le bilan relève également des intersections avec des secteurs sensibles pour l’eau potable et la biodiversité : bassins versants alimentant des captages, périmètres de protection des eaux ou zones abritant des espèces menacées. Trois aires protégées sont citées : le mont Panié, Hyabé-Lé Jao et le parc des Grandes Fougères. Ces observations signalent des enjeux potentiellement exposés, sans permettre de mesurer les dommages.

Le contexte météo incite aussi à la prudence. Selon les données de Météo-France citées dans le rapport, septembre a enregistré un déficit de pluie de 64 %. Du 1er au 19 octobre, le manque atteignait 68 %. Sur fond d’El Niño en renforcement, les prévisions pour novembre à janvier privilégient des conditions plus sèches et plus chaudes que la normale. Ces tendances restent probabilistes.

La saison n’est donc pas terminée. Entre 2013 et 2025, un peu plus d’un incendie sur cinq a commencé en novembre ou décembre. Ce repère ne prédit pas la fin de l’année 2026, mais rappelle que l’accalmie d’octobre ne suffit pas à écarter la menace.

Source : ŒIL, bilan au 31 octobre 2026

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