Lire une consigne, remplir un formulaire, comprendre une facture ou effectuer une démarche en ligne : des gestes ordinaires qui restent un obstacle pour des milliers de Calédoniens.
Les Journées nationales d’action contre l’illettrisme se dérouleront du 8 septembre au 2 octobre. Pour cette 13ᵉ édition, placée sous le slogan « 10 % concernés, 100 % mobilisés », les agences de l’IEDOM et de l’IEOM participent à la campagne de sensibilisation menée en France et dans les territoires ultramarins.
Des chiffres vieux de treize ans.
Selon la dernière grande enquête locale, réalisée en 2012 par l’ISEE et publiée en 2013, un adulte calédonien sur quatre, âgé de 16 à 65 ans, rencontrait des difficultés avec l’écrit. Pour 18 % d’entre eux, ces difficultés étaient graves ou fortes, soit environ 29 000 personnes. Près de la moitié occupaient pourtant un emploi.
Un handicap souvent invisible. L’illettrisme concerne des personnes qui ont été scolarisées, mais qui ne maîtrisent pas suffisamment la lecture et l’écriture pour être autonomes au quotidien. Beaucoup apprennent à dissimuler leurs difficultés : elles demandent à un proche de remplir un document, évitent certaines démarches ou trouvent un prétexte pour ne pas avoir à lire.
Le numérique ajoute désormais un obstacle. Prendre un rendez-vous, consulter son compte bancaire, répondre à un courriel ou demander une aide en ligne peut vite devenir un parcours compliqué. La mobilisation concerne donc aussi l’innumérisme, lié aux difficultés avec le calcul, et l’illectronisme, qui désigne les difficultés à utiliser les outils numériques.
Plusieurs rendez-vous sont annoncés en Nouvelle-Calédonie.
Dès le 8 septembre, des élèves de CM2 et de sixième liront des textes et des poèmes aux passants sur un parcours d’un kilomètre le long de l’Anse-Vata, de 13 heures à 15 heures.
Le 11 septembre, un atelier organisé à Nouméa présentera la méthode « Facile à lire et à comprendre », destinée à rendre les documents plus accessibles.
Le 14 septembre, l’IFAP proposera une sensibilisation pour mieux repérer et accompagner les personnes concernées.
La mobilisation se poursuivra jusqu’au 2 octobre. Le FIAF mènera notamment une campagne en ligne pour déconstruire les idées reçues sur l’illettrisme, en particulier dans le monde du travail. Le programme complet des actions est disponible ici.
Ces journées doivent surtout montrer que des solutions existent. L’illettrisme n’est ni une fatalité ni un manque d’intelligence : on peut réapprendre à tout âge. Reste à repérer les difficultés sans juger, à orienter vers les bons dispositifs et à permettre à chacun de demander de l’aide sans honte. Tout l’enjeu de cette mobilisation.

