Les ventes aux enchères promettent toujours la même chose : dénicher la bonne affaire que les autres n’auront pas vue. Mais selon le côté du Pacifique où l’on lève la main, le contenu du catalogue n’est clairement pas le même.
À Tahiti, les enchères prennent des airs de caverne d’Ali Baba. Bijoux, sacs, jet-skis, voitures de luxe et bouteilles d’alcool saisis dans des procédures pénales seront dispersés les 8, 9 et 10 septembre à Tiarei et Papeete.
En Calédonie, l’ambiance est généralement plus proche du grand vide-dock. Les catalogues alignent surtout des véhicules réformés au compteur bien rempli, du matériel d’entreprises liquidées et des engins plus ou moins fatigués. Celle organisée demain à Ducos ne déroge pas à la règle : voitures en panne, machines, échafaudages, étagères et matériel de chantier composent l’essentiel des 139 lots.
D’un côté, les bijoux et les jet-skis. De l’autre, les moteurs en panne et les étagères de bureau.
Une vente avait pourtant réveillé les amateurs de bonnes affaires en mars 2023. Près de 200 lots avaient été proposés au port autonome de Nouméa : drones, téléphones, ordinateurs, équipements sportifs et une vingtaine de véhicules. Mais il s’agissait surtout de saisies douanières ou de marchandises jamais récupérées, pas de biens confisqués dans des affaires pénales.
Ces derniers existent pourtant. Dans son rapport 2023, l’AGRASC, l’agence chargée de gérer les biens saisis par la justice, indique que la juridiction de Nouméa lui avait transmis sept ordonnances de remise concernant des véhicules de luxe. Ses agents avaient également repéré à la fourrière « de nombreux biens valorisables ». Depuis, difficile de savoir ce qu’ils sont devenus.
En 2025, quelques véhicules gérés par l’agence, le Domaine et le tribunal ont bien été proposés aux enchères. Mais noyés au milieu de modèles réformés, de machines et de biens issus de liquidations judiciaires, ils sont passés presque inaperçus. Le catalogue ne permettait d’ailleurs pas de savoir lesquels provenaient réellement de saisies pénales.
À Tahiti, les saisies pénales ont droit à trois jours de vente et à une belle vitrine. En Calédonie, elles passent presque incognito au milieu des lots ordinaires. Deux façons très différentes de faire monter les enchères.
La vente organisée à Tahiti
La vente du 9 septembre à Nouméa et son catalogue

