Annoncée pour ce jeudi 10 septembre, la reprise des vols d’Air Calédonie vers Ouvéa est déjà contestée. Le Collectif de coordination coutumière de Iaai s’oppose à la décision prise par la petite chefferie de Banoutr et affirme que les avions ne seront pas autorisés à se poser à Hulup.

Dimanche, le gouvernement avait pourtant salué une « décision responsable » permettant le retour des avions après plus de six mois de blocage. Une annonce fondée sur une résolution adoptée le 2 septembre par la petite chefferie de Banoutr.

Mais dans un courrier daté du 7 septembre, le collectif affirme représenter les trois grandes chefferies de Doumaï, Weneguei-Daoumé et Bazit. Le document porte trois signatures présentées comme celles de leurs représentants, mais cette représentativité est aujourd’hui contestée par certains habitants d’Ouvéa.

Selon les auteurs du courrier, la décision de Banoutr n’a fait l’objet d’aucune validation commune. Ils estiment que toutes les autorités coutumières compétentes n’ont pas été consultées et soulignent que les petites chefferies de Hulup et de Hnyimëhë n’étaient pas représentées lors de la réunion.

Toujours selon le collectif, la levée du blocage ne peut donc pas être décidée par la seule chefferie de Banoutr. Il prévient qu’en l’absence d’un accord collectif, Air Calédonie ne pourra pas reprendre ses rotations jeudi.

La revendication reste inchangée : le retour des vols domestiques à Magenta. Les signataires demandent également à participer à l’élaboration d’un véritable schéma de mobilité pour les îles, intégrant les transports aérien et maritime, les prix et la continuité territoriale.

Le collectif reconnaît les lourdes conséquences du blocage sur la santé, l’éducation et l’économie d’Ouvéa. Il estime toutefois que des solutions temporaires ont été mises en place, notamment avec Air Oceania, le Betico et les rotations maritimes de marchandises.

Une nouvelle rencontre doit maintenant être organisée avec le président du gouvernement, Milakulo Tukumuli. La date de réouverture de Hulup ne pourra, selon les signataires, être arrêtée qu’à l’issue de nouvelles discussions.

Après six mois sans vols réguliers, les habitants et les entreprises pensaient enfin voir le bout du tunnel. À moins de 48 heures de la reprise annoncée, deux positions s’opposent désormais autour de la réouverture de l’aérodrome. Le calendrier présenté par le gouvernement reste donc incertain.