Il est noir, discret, vit principalement au-dessus de la canopée et reste largement inconnu du grand public. Pourtant, le Méliphage noir est considéré comme l’oiseau endémique le plus menacé de Nouvelle-Calédonie. Pour tenter d’éviter sa disparition, la province Sud lance un nouveau plan de conservation sur dix ans.

Classé « en danger critique d’extinction » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le Méliphage noir (Eugymnomyza aubryana) ne subsiste plus que dans le sud de la Grande Terre. L’une de ses principales populations se trouve au Parc provincial de la Rivière Bleue, où l’espèce est suivie depuis plus de vingt ans.

Le parc abriterait entre 50 et 300 couples. Une estimation très large, notamment parce que l’oiseau, amateur de nectar et parfois d’insectes, évolue essentiellement dans les hauteurs de la forêt et reste difficile à observer.

Les menaces sont en revanche bien identifiées. La dégradation de la forêt humide réduit son habitat, tandis que les rats noirs s’attaquent aux poussins. Des opérations de contrôle des prédateurs autour des nids ont déjà permis d’améliorer les chances de survie des jeunes.

La province Sud veut désormais renforcer son action avec un Plan de conservation 2026-2036. Objectifs : améliorer les connaissances scientifiques, suivre les populations, lutter contre les menaces et coordonner les différents acteurs.

La régulation des rats, mais aussi des cerfs et des cochons sauvages, doit permettre de protéger les zones de reproduction et la forêt dont dépend l’espèce. Télémétrie et analyses génétiques doivent également aider à mieux comprendre ses déplacements et la diversité de ses populations.

Une nouvelle étape sera franchie lundi 24 août au Parc provincial de la Rivière Bleue. La province Sud y réunira scientifiques, associations, collectivités et partenaires spécialisés pour déterminer les actions prioritaires.

L’enjeu est désormais de stabiliser les dernières populations avant que cet oiseau, que peu de Calédoniens ont eu la chance d’apercevoir, ne disparaisse définitivement des forêts du Grand Sud.

Photo : P. Bachy