98 organismes, 17 pages de nominations et au moins 25 postes encore vacants. Pour la FEINC, la liste publiée par le gouvernement illustre surtout une réalité : au fil des années, la machine institutionnelle calédonienne est devenue particulièrement lourde. Et au moment où le territoire doit se reconstruire, la Fédération estime qu’il est temps de la simplifier.

La Fédération s’est penchée sur les représentants de la Nouvelle-Calédonie désignés dans ces 98 organismes, répartis en 11 secteurs. Et ce n’est qu’une partie du paysage. À cette couche institutionnelle s’ajoutent l’État, les trois provinces avec leurs assemblées et exécutifs, ainsi que les 33 communes.

Des élus partout à la fois. La FEINC relève notamment qu’un membre du gouvernement représente la Nouvelle-Calédonie comme titulaire dans 18 organismes différents, du Port autonome à la BCI, en passant par l’Ifremer, l’Université, l’Institut agronomique ou encore l’Aquarium de Nouméa. Son suppléant cumule, lui, 12 mandats. 

Il ne s’agit évidemment pas de 18 emplois, mais de 18 mandats de représentation. La FEINC ne remet d’ailleurs pas en cause les personnes, mais le système qui conduit les mêmes responsables à siéger dans une multitude d’organismes, parfois dans des domaines très éloignés. Avec, au bout du compte, une question : combien de temps peuvent-ils réellement consacrer à chacun de ces dossiers ? 

Et le temps presse.

« Depuis mai 2024, la Nouvelle-Calédonie a perdu plus de 25 % de son PIB et vu 800 entreprises et plus de 12 000 emplois du privé détruits. Elle doit aujourd’hui se reconstruire vite. Or la vitesse est incompatible avec la complexité. Il nous faut moins d’organismes et des décisions plus claires, plus rapides, plus efficaces. »

La FEINC ne fait pas porter la responsabilité de cette situation sur l’actuel gouvernement. Elle y voit plutôt le résultat de plusieurs décennies de « sédimentation administrative » et estime que la période de reconstruction est justement l’occasion de simplifier l’organisation et les circuits de décision.

Un constat qui fait écho à un sujet que nous évoquions récemment  Les 98 organismes recensés par la FEINC sont uniquement ceux dans lesquels le gouvernement désigne des représentants. Mais le paysage public calédonien est bien plus vaste : la Chambre territoriale des comptes compte, de son côté, 147 organismes publics dans son champ de contrôle, parmi lesquels les collectivités, les établissements publics et différentes structures de la sphère publique calédonienne.

À l’heure où la Nouvelle-Calédonie cherche des milliards pour financer ses retraites, sa santé, ses collectivités ou son système électrique, la question de son propre fonctionnement peut difficilement rester à l’écart des efforts demandés partout ailleurs. Simplifier la machine, c’est peut-être aussi commencer à chercher des économies là où elles n’ont pas encore vraiment été cherchées.