L’affaire de l’expédition punitive survenue à Païta connaît son épilogue judiciaire. Deux jours après le placement en garde à vue de huit personnes, six d’entre elles ont reconnu avoir participé aux violences et ont été condamnées.

Cinq des prévenus se trouvaient dans le premier véhicule, celui dans lequel le jeune homme de 19 ans, soupçonné d’un cambriolage commis la veille, avait été contraint de monter. Ils ont reconnu lui avoir porté des coups de poing et de pied.

Tous les cinq ont accepté une peine de 15 mois de prison avec sursis, assortie d’un stage de citoyenneté et d’une interdiction de détenir une arme pendant cinq ans. Les peines ont été homologuées par le juge dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité.

Le sixième est arrivé dans un second temps. Il a reconnu avoir giflé le jeune homme. Il a été condamné à six mois de prison avec sursis, avec les mêmes peines complémentaires.

Les deux autres personnes placées en garde à vue ont finalement été mises hors de cause, aucun geste de violence ne leur étant reproché.

Le jeune homme s’en sort avec cinq jours d’ITT. Les violences ont été retenues comme commises en réunion et aggravées par l’usage ou la menace d’armes, en l’occurrence des sabres et un couteau. La victime a demandé, par l’intermédiaire de son avocat, que la question de son indemnisation soit examinée ultérieurement lors d’une audience sur intérêts civils.

Le parquet souligne avoir voulu apporter une réponse rapide à cette affaire, après une enquête menée par les gendarmes de la brigade de Païta. Les six condamnés, sans antécédent judiciaire et insérés socialement, avaient agi dans un contexte de représailles après le cambriolage.

Le message de la justice est clair. Un vol peut et doit être sanctionné. Mais partir à la recherche de son auteur pour lui régler son compte ne l’est pas moins : « dans une démocratie, aucun individu ne peut faire justice lui-même ».

De son côté, le jeune homme devra également répondre du cambriolage pour lequel il a reçu une convocation en justice.