À dix jours d’un déplacement crucial à Paris, Milakulo Tukumuli est allé prendre la température dans le Nord. Le président du gouvernement était à Koné vendredi 21 août, accompagné de Billy Forest. Au menu des échanges avec l’exécutif provincial : finances, nickel, transports et santé. Autrement dit, quelques-uns des dossiers les plus lourds du moment.
La rencontre avec Paul Néaoutyine, en présence des vice-présidentes Doriane Tjibaou et Valentine Eurisouké, intervient surtout à un moment particulier. La Nouvelle-Calédonie vient d’obtenir le feu vert de l’État pour le versement d’une nouvelle tranche d’environ 13,7 milliards de francs du prêt garanti contracté auprès de l’AFD. Une somme qui doit arriver à la fin du mois et être dirigée en priorité vers les comptes sociaux. Mais elle permettra essentiellement de passer le cap du mois de septembre.
Derrière les 13,7 milliards, les besoins restent considérables. Une fois cette tranche versée, environ 14,5 milliards du prêt resteraient encore à débloquer. Et selon les estimations présentées mercredi aux élus du Congrès, il faudrait en plus trouver 12 à 13 milliards pour tenir jusqu’en janvier ou février 2027.
C’est dans ce contexte que la délégation réunissant gouvernement, Congrès et parlementaires doit se rendre à Paris au début du mois de septembre. Elle doit rencontrer notamment le Premier ministre ainsi que les ministres chargés des Outre-mer et des Finances. L’objectif sera évidemment de parler argent, mais également des réformes réclamées pour réduire durablement les déficits calédoniens. Le Ruamm et les retraites figurent notamment parmi les dossiers attendus.
La rencontre avec la province Nord avait donc tout sauf un caractère protocolaire. Le nickel s’est également retrouvé sur la table, tout comme les transports, deux sujets particulièrement sensibles dans le Nord. Paul Néaoutyine, réélu début juillet pour un sixième mandat à la tête de la province, dirige par ailleurs une assemblée issue d’un scrutin qui a rebattu les cartes politiques provinciales.
Après la province, Milakulo Tukumuli s’est rendu à l’antenne du gouvernement à Koné avant de terminer sa journée au Centre hospitalier du Nord.
La séquence santé n’était pas anodine non plus. Tukumuli a lui-même la santé et la protection sociale dans ses attributions. Le CHN, qui regroupe les sites de Koné, Koumac et Poindimié, reste au cœur de l’offre de soins du Nord. Ces derniers mois, l’établissement a notamment engagé la réouverture progressive de quatorze lits de soins de suite à Poindimié, sans pour autant y rétablir un service d’urgences.
Au-delà de la visite officielle, le déplacement avait donc surtout des allures de tour de table avant Paris. Car une fois les photos et les rencontres terminées, les mêmes questions restent posées : comment financer les prochains mois, quelles réformes faire passer, quel avenir pour le nickel et comment maintenir des services publics, notamment de santé et de transport, dans un territoire qui manque déjà sérieusement de marge de manœuvre ?

