La Chambre territoriale des comptes s’est penchée sur la gestion du Mont-Dore. Et malgré les efforts réalisés pour réduire les dépenses, le constat reste préoccupant : les finances de la commune sont fragiles et plusieurs anomalies empêchent d’avoir une vision totalement fiable de ses comptes.
Un écart de 254,6 millions de francs. C’est l’un des chiffres qui ressort du rapport pour l’année 2024. Attention, il ne s’agit pas de 254 millions « disparus », mais d’un écart dans le résultat de fonctionnement lié à plusieurs problèmes comptables.
La CTC relève notamment des anomalies concernant le patrimoine de la commune, les amortissements, les provisions ou encore les dépréciations. Le suivi des biens et équipements municipaux n’est par ailleurs plus assuré depuis 2020.
Pour la Chambre, ces problèmes sont suffisamment importants pour considérer que la sincérité des comptes est compromise. En clair, les chiffres présentés ne permettent pas de connaître avec suffisamment de précision la véritable situation financière de la commune.
Le Mont-Dore a pourtant serré la vis. Entre 2020 et 2024, les dépenses de personnel ont diminué et les charges de fonctionnement ont été contenues. Malgré ces économies, les marges financières de la commune continuent de se réduire.
Les budgets annexes sont également en difficulté et pèsent sur le budget principal. La CTC estime donc nécessaire de définir une véritable trajectoire de redressement afin que chacun retrouve son équilibre.
Autre faiblesse relevée : les investissements ne sont pas organisés autour d’une programmation sur plusieurs années. Un outil qui permet normalement à une commune de savoir quels travaux elle compte réaliser, dans quel ordre et avec quels financements.
La gestion du personnel est également épinglée. La Chambre relève des irrégularités dans certains recrutements et dans le versement des primes et indemnités, ainsi qu’un manque de pilotage global des ressources humaines.
Du côté des associations, les aides accordées par la commune ont diminué d’un tiers entre 2020 et 2025. La CTC ne remet pas en cause le principe de ces subventions, mais demande des règles plus claires pour les attribuer et une justification systématique de leur intérêt pour la commune.
Enfin, le contrôle interne doit être renforcé, tout comme la gestion informatique, qui ne dispose toujours pas d’un véritable schéma directeur ni de procédures suffisamment formalisées pour prévenir les risques.
Au total, neuf recommandations et six rappels au droit sont adressés à la commune, dont un avait déjà été appliqué avant la publication du rapport définitif.
Le Mont-Dore a donc déjà réduit certaines dépenses. Mais pour la CTC, cela ne suffira pas : la commune doit maintenant remettre ses comptes d’équerre, mieux encadrer sa gestion et retrouver une trajectoire financière plus solide.

