Le dialogue reprend autour de la desserte des Îles Loyauté. Jeudi 6 août, Milakulo Tukumuli s’est rendu à Lifou pour rencontrer les représentants coutumiers mobilisés depuis plusieurs mois contre le transfert des vols d’Air Calédonie de Magenta vers La Tontouta.Drehu. Les représentants de Maré et d’Ouvéa ont suivi les échanges en visioconférence.

Après plus de cinq mois de crise, l’idée est désormais de remettre tout le monde autour de la table et surtout d’élargir le débat. Plutôt que de rester focalisé sur le seul retour d’Air Calédonie à Magenta, Milakulo Tukumuli veut travailler sur un schéma global de mobilité pour les Loyauté.

Et le chantier est large : transport aérien et maritime, continuité territoriale, prix des billets, organisation des dessertes ou encore fonctionnement d’Air Calédonie. Les représentants des trois îles ont accepté de participer aux discussions et disposent d’un mois pour faire remonter leurs propositions.

Cela ne règle pas pour autant le principal point de désaccord. Les collectifs continuent de demander le retour des vols à Magenta, alors que l’activité domestique d’Air Calédonie a été transférée à La Tontouta le 2 mars.

La situation s’est toutefois débloquée sur certaines destinations. Les vols ont repris vers l’Île des Pins, puis vers Lifou début juin. Mais à Maré et Ouvéa, les avions d’Air Calédonie ne se posent toujours pas.

Après cinq mois de blocage, l’impatience gagne aussi la population. Ces derniers jours, des habitants ont réclamé la réouverture des aérodromes, avec une opération « île morte » à Ouvéa et une mobilisation à Maré.

Pour Air Calédonie, le temps presse également. Après avoir placé près de la moitié de ses 220 salariés en chômage partiel en mars, la compagnie a été déclarée en cessation de paiements. Placée en redressement judiciaire le 14 avril, elle bénéficie depuis d’une période d’observation destinée à lui permettre de poursuivre son activité et de préparer son redressement. Mais pour espérer retrouver un modèle viable, la reprise complète des dessertes reste essentielle.

Milakulo Tukumuli l’a clairement fait comprendre aux représentants coutumiers : pour sortir de l’impasse, chacun devra faire un pas. Le président du gouvernement veut avancer rapidement et arriver avec des propositions concrètes lors de son déplacement à Paris, prévu d’ici la fin du mois d’août avec une délégation transpartisane.

Après cinq mois de bras de fer, le dialogue est donc de nouveau ouvert. Reste maintenant le plus difficile : transformer les discussions en compromis et remettre les avions sur les pistes de Maré et d’Ouvéa. Les paris sont ouverts : qui va céder en premier ?