[EDITO] En visitant Wadra Bay à Lifou, le député Bastien Lachaud salue un projet touristique exemplaire et désigne le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie comme principal responsable des difficultés du tourisme dans les Îles, l’accusant de ne pas en faire assez pour les transports.
Que les transports soient un enjeu majeur, personne n’en doute. Sans liaisons aériennes et maritimes fiables, les Îles Loyauté ne pourront jamais exploiter pleinement leur potentiel touristique.
Mais encore faut-il raconter toute l’histoire.
Depuis plusieurs mois, Air Calédonie est régulièrement empêchée de desservir certaines îles. Non parce que les avions manquent ou que le gouvernement interdit les vols, mais parce que des aérodromes sont bloqués.
Des blocages décidés localement, souvent avec le soutien ou l’accord des autorités coutumières, qui rendent tout simplement les dessertes impossibles. Résultat : des passagers bloqués, des séjours annulés et des professionnels du tourisme lourdement pénalisés.
Dans ce contexte, faire du gouvernement l’unique responsable relève davantage du réflexe politique que d’une analyse complète. Les émeutes de mai 2024 ont laissé des traces profondes : une image durablement ternie, des investisseurs échaudés et une clientèle touristique qui tarde à revenir. Le redémarrage du secteur ne dépend pas d’un seul acteur.
Le tourisme repose pourtant sur une règle élémentaire : les visiteurs doivent pouvoir arriver… et repartir. Tant que cette évidence ne sera pas garantie, les plus beaux hôtels, les plus beaux lagons et les projets les plus ambitieux resteront fragilisés.
Avant de chercher un coupable idéal, il serait peut-être plus utile de regarder l’ensemble du tableau. Les touristes, eux, ne s’intéressent ni aux querelles politiques ni aux débats institutionnels. Ils veulent simplement être certains que leur avion décollera… et qu’il pourra aussi atterrir.
C’est sans doute là le véritable défi du tourisme calédonien.
Photo : Bastien Lachaud / Facebook

