Plus diplômées que les hommes, les Calédoniennes restent pourtant moins présentes dans l’emploi, davantage touchées par le temps partiel et moins nombreuses aux postes à responsabilité. Un paradoxe au cœur du premier séminaire « ÉGALITÉS », organisé hier à l’Université de la Nouvelle-Calédonie.
Chercheuses et expertes venues de Nouvelle-Calédonie, d’Australie, de Nouvelle-Zélande et du Vanuatu ont croisé leurs travaux sur l’éducation, l’emploi, l’entrepreneuriat, le droit et la place des femmes dans la société.
Les chiffres montrent que l’égalité reste encore largement théorique. En Nouvelle-Calédonie, 43 % des femmes possèdent le bac ou un diplôme supérieur, contre 36 % des hommes. Elles n’occupent pourtant que 47 % des emplois et sont bien plus souvent à temps partiel : 24 %, contre 4 % des hommes.
À durée de travail équivalente, leur salaire net moyen était également inférieur de 8,9 % à celui des hommes en 2022. Dans le privé, l’écart atteignait même 13,3 %.
Responsabilités familiales, orientation scolaire, autocensure, éloignement géographique ou difficultés d’accès aux postes de direction : les obstacles se cumulent tout au long du parcours.
Porté par le Laboratoire de recherches juridique et économique et l’Observatoire des Égalités, ce premier rendez-vous devrait permettre de mieux documenter ces réalités et d’aider les institutions à construire des politiques publiques plus efficaces. Car derrière les discours sur l’égalité, les diplômes et les lois, les écarts restent bien réels. Et pour les réduire, encore faut-il commencer par les mesurer et comprendre comment ils se construisent.

