En interdisant toute base militaire étrangère sur son territoire, le Vanuatu affirme sa souveraineté. Mais l’accord signé avec l’Australie renforce aussi le rôle de Canberra comme partenaire privilégié en matière de sécurité, dans un Pacifique où la rivalité avec la Chine s’intensifie. 

Le Vanuatu franchit une nouvelle étape dans sa stratégie diplomatique. En signant lundi à Canberra l’accord « Nakamal » avec l’Australie, l’archipel s’engage à ne jamais autoriser l’installation d’une base militaire étrangère sur son territoire. Une loi adoptée par le Parlement interdit également toute militarisation des infrastructures critiques. 

Présentée comme une garantie de souveraineté, cette décision intervient alors que le Pacifique est devenu un théâtre de rivalités entre la Chine et les alliés occidentaux. Les investissements chinois au Vanuatu, notamment dans le port de Luganville, ont alimenté depuis plusieurs années les spéculations sur une éventuelle implantation militaire, une hypothèse que Pékin et Port-Vila ont toujours démentie. 

Mais loin de tourner le dos à la Chine, le Vanuatu cherche surtout à garder la maîtrise de ses choix. Pékin reste son principal créancier extérieur et les discussions se poursuivent sur un futur accord de coopération économique. 

En parallèle, le traité consacre l’Australie comme partenaire privilégié du Vanuatu en matière de sécurité et de maintien de l’ordre. Canberra renforcera également son soutien économique et disposera d’un droit de consultation sur les projets impliquant des États tiers dans les infrastructures critiques du pays. 

Au fond, en inscrivant dans la loi l’interdiction de toute future base militaire étrangère, le Vanuatu ne change pas la réalité actuelle de son territoire. Il cherche surtout à éviter qu’il ne devienne, demain, un nouveau terrain de confrontation entre les grandes puissances.