Le haut-commissariat et le gouvernement ont présenté ce mardi au Médipôle le nouveau Plan Territorial de Sécurité et de Prévention de la Délinquance (PTSPD) 2025-2028. Un plan centré sur une priorité clairement affichée : la lutte contre les addictions, en particulier l’alcool, identifié comme un facteur majeur de violence et de délinquance sur le territoire.
Le bilan dressé pour 2025 reste préoccupant. 2 840 victimes de violences intrafamiliales recensées, une hausse des violences sexuelles (+23,2 %) et des cambriolages de logements (+46,67 % par rapport à 2023).
Les mineurs restent aussi un point de vigilance important, sur fond de déscolarisation, de rejet de l’autorité et de consommation précoce d’alcool et de cannabis.
Parmi les annonces majeures figure la signature d’une convention pour financer un nouvel appareil d’analyse toxicologique au CHT Gaston-Bourret. Cet équipement doit permettre d’effectuer localement la majorité des analyses liées aux stupéfiants et aux procédures judiciaires, alors qu’une partie est aujourd’hui envoyée en métropole. Mise en service attendue fin 2026 pour un coût de 60 millions de francs CFP.
Le PTSPD prévoit aussi un encadrement renforcé de la vente d’alambics et de méthanol après plusieurs intoxications graves recensées sur le territoire.
Un texte a été déposé au Congrès pour limiter la détention d’alambics aux professionnels autorisés, tandis qu’un arrêté vise à restreindre la vente d’alcool à brûler aux mineurs et aux personnes vulnérables.
Autres axes annoncés : création d’une structure thérapeutique et éducative pour les jeunes en difficulté comportementale, campagne de prévention sur les consommations pendant la grossesse, déploiement d’entretiens individuels dans cinq lycées pour détecter les conduites addictives, ainsi qu’un travail renforcé sur la récidive carcérale, dont le taux dépasserait 50 %.
Une étude juridique sur le contrôle des ventes d’alcool doit également se poursuivre en 2026. Le plan reposera enfin sur un suivi trimestriel autour d’un nombre limité d’actions concrètes.
Le haut-commissaire Jacques Billant a également fixé six priorités pour 2026 : lutte contre les cambriolages, les violences intrafamiliales et sexuelles, les trafics de stupéfiants, la haine en ligne, les violences urbaines et l’insécurité routière.
Enfin, l’État travaille avec l’ANTAI sur une modernisation du traitement des infractions routières afin de développer le paiement numérique des amendes et les procès-verbaux électroniques en Nouvelle-Calédonie.
