[BILLET D’HUMEUR] La fin des « stops » à l’importation sur certains produits chocolatés, annoncée mercredi lors de la réunion hebdomadaire du gouvernement, marque un tournant dans la politique de protection économique en Nouvelle-Calédonie.
Traduction : une partie des barrières protégeant depuis des années Biscochoc, devenue Cacao du Pacifique, doit tomber afin d’ouvrir davantage le marché. Une petite révolution dans un territoire où les protections locales sont souvent aussi solides que le béton des bunkers japonais.

Le discours est limpide : plus de choix pour les consommateurs, moins de verrouillage, fin progressive des interdictions. Sauf qu’au même moment, quelques heures seulement après l’annonce, les services administratifs répondent noir sur blanc aux professionnels que… rien n’a changé.

« À ce jour, les mesures sont inchangées », écrit ainsi un inspecteur de la Direction des entreprises, de la consommation, de l’attractivité et des télécommunications (DAECT) à un entrepreneur qui demande simplement si les quotas chocolat évoluent. Mieux encore : « le renouvellement des mesures est toujours en cours ».

Donc, d’un côté, le gouvernement explique publiquement que les stops sautent. De l’autre, l’administration indique officiellement qu’ils existent toujours.

Et puis il y a cette formule délicieusement prudente : « certains produits chocolatés ». Ah, Lesquels ? Mystère. Les tablettes ? Les poudres ? Les confiseries ? Les œufs de Pâques ? Personne ne sait vraiment. On ouvre le marché… mais pas trop. On supprime les protections… mais un peu seulement. On annonce une révolution… avec astérisque en bas de page.

Cette évolution intervient alors qu’un audit sur les protections de marché et leurs effets sur les prix, l’emploi et la consommation est actuellement en cours en Nouvelle-Calédonie.
Une excellente idée. Car après des décennies de quotas, de taxes, de dérogations, de stops et de sous-stops, il serait peut-être temps de répondre à une question simple : protège-t-on encore une économie locale… ou protège-t-on surtout un système devenu incapable de vivre sans protection ?