Les fraudes aux moyens de paiement connaissent une forte hausse dans les collectivités françaises du Pacifique. En Nouvelle-Calédonie, les banques alertent sur des arnaques de plus en plus sophistiquées, reposant avant tout sur la manipulation des victimes.
Faux conseiller bancaire, faux SMS, faux site marchand, faux placement financier ou encore arnaque sentimentale : les escrocs cherchent désormais moins à pirater les systèmes qu’à convaincre leurs victimes de transmettre leurs données ou de valider elles-mêmes des opérations bancaires.
Selon le dernier rapport de l’Institut d’émission d’outre-mer (IEOM), le nombre de transactions frauduleuses a bondi de 118,5 % en 2024 dans les Outre-mer, atteignant 29 470 opérations fraudées, contre 13 490 en 2023 et 8 382 en 2022.
Le montant total des détournements atteint désormais un peu plus de 648 millions de francs CFP, en hausse de 72,3 % sur un an. La Nouvelle-Calédonie représente à elle seule 373,6 millions de francs CFP.
La carte bancaire reste le moyen de paiement le plus ciblé, notamment à travers les achats sur internet. Les fraudeurs utilisent parfois des techniques permettant d’afficher le vrai numéro d’une banque sur le téléphone de la victime ou créent des copies très réalistes de sites officiels.
Le rapport souligne également que la majorité des escroqueries implique des acteurs situés hors du territoire, principalement à l’étranger ou dans l’Hexagone. Les opérations locales représentent moins de 10 % des montants détournés.
Autre point marquant : malgré le recul massif de l’usage du chèque en Nouvelle-Calédonie, les fraudes sur ce moyen de paiement restent élevées. Les montants concernés ont plus que doublé en un an pour atteindre 130,1 millions de francs CFP.
L’IEOM évoque principalement des chèques volés, falsifiés ou détournés avant leur encaissement, davantage que des paiements classiques chez les commerçants.
Les banques calédoniennes avaient d’ailleurs renforcé leurs contrôles ces dernières années pour limiter le phénomène des « chèques cassés ».
Les virements bancaires sont également de plus en plus visés, avec une hausse de 64 % sur un an. Les services de banque en ligne concentrent désormais plus de la moitié des montants détournés sur ce type d’opération.
Face à cette montée des arnaques, les banques rappellent qu’aucun conseiller ne demandera jamais un code confidentiel ou une validation de sécurité par téléphone.

