La fête de la citoyenneté ne raconte pas la même histoire à tout le monde. Ce 24 septembre, le FLNKS appelle à la mobilisation pour la souveraineté de Kanaky. Nicolas Metzdorf livre une lecture beaucoup plus cash de la journée, tandis que le syndicat enseignant SNETAA-FO s’interroge sur ce que cette fête parvient réellement à rassembler.

Pour le FLNKS, la date rappelle d’abord la prise de possession de la Nouvelle-Calédonie par la France, il y a 173 ans. Dans un communiqué signé par Christian Tein, le mouvement indépendantiste en fait une journée de mémoire et réaffirme son objectif de « pleine et entière souveraineté ». Il invite la population à rejoindre les événements organisés ce jeudi à partir de 9 heures, sans en préciser les lieux.

Nicolas Metzdorf met, lui, le droit de vote au centre de son message. Il souhaite qu’un jour, tous ceux qui vivent durablement en Nouvelle-Calédonie puissent voter. Il appelle aussi à ne pas « ressasser un passé victimaire » ni « exacerber le communautarisme », et défend la construction d’une identité calédonienne commune. Sur la place à donner à la mémoire coloniale, son message prend le contre-pied de celui du FLNKS.

Le syndicat de l’enseignement professionnel SNETAA-FO apporte une autre lecture. Dans un texte signé Jean-Louis Guilhem, le syndicat rappelle que le 24 septembre évoque, selon les sensibilités, le rattachement à la France ou la dépossession coloniale. En faire une fête de la citoyenneté visait à reconnaître cette histoire tout en essayant de construire un avenir commun.

Mais une fête ne suffit pas, estime le syndicat. La citoyenneté doit aussi se vivre dans la justice, l’égalité et les institutions. L’école ne peut pas, à elle seule, apprendre aux enfants à vivre ensemble si les responsables politiques présentent la séparation comme inévitable.

Virginie Ruffenach choisit enfin quelques mots, sans entrer dans ce débat. Reprenant la réponse d’une petite fille entendue à la radio, elle présente le 24 septembre comme « la fête de tous les Calédoniens » et leur souhaite une bonne fête.

Une seule date, donc, mais des attentes bien différentes : rappeler la prise de possession, élargir le droit de vote, défendre une identité commune ou donner un contenu concret à la citoyenneté.

Crédit : Présence Kanak