Depuis la crise de mai 2024, le travail informel explose en Nouvelle-Calédonie. Une évolution qui alarme la Chambre de métiers et de l’artisanat, alors que de nombreux artisans voient leur activité fragilisée par une concurrence échappant aux règles fiscales, sociales et sanitaires.
Sur les réseaux sociaux comme en bord de route, les offres non déclarées se multiplient : transport de personnes, ménage, repassage, plats préparés, pâtisserie ou encore vente de produits alimentaires. Certains secteurs sont particulièrement touchés, notamment le transport avec les services clandestins de type « taxi 1000 », mais aussi le nettoyage, la restauration et la boucherie.
Si ces activités permettent souvent à des familles de faire face aux difficultés économiques, elles fragilisent fortement les professionnels déclarés. Les artisans qui paient leurs charges, respectent les normes et assurent leurs activités peinent désormais à rivaliser avec des prestations proposées à des tarifs cassés, car exemptées de contrôles et de cotisations.
La CMA-NC alerte également sur les risques pour les consommateurs : absence d’assurance dans le transport, non-respect des règles d’hygiène, manque de traçabilité des produits alimentaires… Des pratiques qui, selon l’institution, menacent aussi les finances publiques et le financement du système social calédonien.
Face à cette montée du travail informel, la CMA réclame un renforcement des actions de sensibilisation, des contrôles et des sanctions, tout en défendant une logique d’accompagnement plutôt qu’une réponse uniquement répressive.
La Chambre rappelle que des solutions existent pour créer son activité dans un cadre légal, grâce à un accompagnement personnalisé et à des dispositifs comme le Stage de Préparation à l’Installation (SPI). Pour la CMA-NC, la formalisation doit être perçue comme une opportunité de bâtir une activité stable et durable.
Dans un contexte économique toujours fragile, l’enjeu dépasse la seule concurrence entre professionnels. Il s’agit aussi de préserver le tissu économique local, soutenir ceux qui entreprennent dans les règles et permettre à davantage de Calédoniens de sortir durablement de l’informel.
L’organisme consulaire demande également la mise en place rapide de plusieurs mesures d’urgence, dont certaines prévues sur une durée de deux ans. Parmi les principales propositions figurent
Une exonération des cotisations RUAMM et de la patente pendant 24 mois pour les entreprises de moins de dix salariés,
Des allègements fiscaux temporaires pour les structures réalisant moins de 25 millions de francs CFP de chiffre d’affaires annuel et confrontées à une baisse d’activité.
La mise en place d’un carburant professionnel à tarif réduit et d’un soutien financier aux entreprises accueillant des alternants est également réclamée afin de préserver l’activité et la transmission des savoir-faire locaux.
