L’économie calédonienne reste sous tension. Selon le bilan 2025 de l’IEOM , les indicateurs montrent une légère amélioration après le choc de 2024, sans véritable reprise. La crise du nickel, les conséquences des émeutes et l’incertitude institutionnelle continuent de peser lourdement.
Le climat des affaires s’est redressé, mais demeure inférieur à sa moyenne de long terme. Les entreprises restent prudentes, freinées par le manque de visibilité. Cette fragilité se traduit par une forte dégradation de l’emploi : plus de 12 500 postes ont disparu en deux ans dans le secteur privé (-18,4 %). La consommation repart timidement, sans retrouver son niveau d’avant-crise.
Le nickel, moteur économique du territoire, reste en difficulté. Si la production a repris, la chute des prix à l’international limite les effets positifs. Les exportations reculent encore, confirmant la dépendance structurelle du territoire à ce secteur, qui reste sous perfusion de l’État.
Dans les autres secteurs, la situation est contrastée. Le BTP poursuit sa chute, avec une consommation de ciment au plus bas historique. tandis que le tourisme présente un bilan mitigé : retour des croisiéristes mais baisse du nombre de visiteurs séjournant sur le territoire. Le secteur primaire montre quelques signes d’amélioration, sans inverser le climat général de pessimisme.
Les échanges extérieurs illustrent également cette fragilité : les exportations continuent de reculer tandis que les importations diminuent plus fortement, ce qui réduit mécaniquement le déficit commercial sans traduire une réelle amélioration économique. Cette évolution reflète avant tout le ralentissement de l’activité et la contraction de la demande intérieure.
L’activité bancaire reflète cette conjoncture dégradée : recul du crédit, hausse des impayés et progression des situations de fragilité financière des ménages.
Pour 2026, la situation reste incertaine. Malgré une stabilisation de certains indicateurs, l’économie calédonienne demeure affaiblie et dépendante d’évolutions majeures, tant sur le plan politique qu’industriel.
