Starlink est déjà utilisé en Calédonie, mais sa commercialisation directe reste en attente. Les utilisateurs passent par des abonnements étrangers, dont les restrictions pourraient les obliger à choisir des offres nettement plus coûteuses.

Depuis plusieurs années, de nombreux Calédoniens utilisent Starlink chez eux ou sur leur bateau. Faute de pouvoir souscrire un abonnement local, ils ont enregistré leur compte dans un autre pays, notamment aux Fidji, en Australie ou en Nouvelle-Zélande. Ils se connectent ensuite depuis la Calédonie grâce à une formule destinée aux voyageurs : l’« itinérance ».

Mais « itinérance illimitée » ne signifie pas une utilisation permanente à l’étranger. Depuis le 17 août 2026, les règles de Starlink limitent cette offre à 30 jours consécutifs hors du pays d’abonnement. Pour rester connecté au-delà sans restriction de durée internationale, l’opérateur propose une autre formule, « Priorité mondiale », nettement plus coûteuse.

Une vérification d’identité et une déclaration de voyage sont également demandées à certains abonnés. Un courriel reproduit dans un article du 6 octobre évoque une échéance au 15 octobre, sous peine de suspension du service à l’étranger jusqu’à régularisation. Son application aux comptes utilisés en Calédonie reste toutefois à confirmer.

Une facture qui pourrait presque tripler. En juillet, la presse régionale évoquait environ 11 300 F par mois pour l’itinérance illimitée, contre 30 000 F pour l’offre Priorité mondiale de 50 Go. Pour un abonné passant de l’une à l’autre, la facture serait multipliée par près de trois. Ces montants restent indicatifs et varient selon le pays d’abonnement.

Au Congrès, le dossier traîne. Déposé en octobre 2024 et examiné à plusieurs reprises en commission, le projet d’ouverture aux opérateurs satellitaires a été retiré de la séance du 18 décembre 2025 à la demande du gouvernement. Le suivi officiel ne mentionne toujours pas son adoption.
Le débat oppose l’accès à de nouvelles offres au maintien du monopole de l’OPT, défendu au nom du financement de son réseau et de ses missions de service public.

Et les services publics ? En coulisses, il se murmure que la Police et les Douanes disposeraient déjà d’antennes Starlink pour leurs communications de secours. Une information qui reste à confirmer. Si c’est le cas, sous quelles autorisations et avec quelles règles par rapport aux particuliers et aux entreprises ?