Alors que les restrictions sur le CBD sont contestées en justice, le Syndicat du chanvre de Nouvelle-Calédonie réclame des produits traçables et une vente en pharmacie. Sa priorité : protéger les consommateurs.
Dans un communiqué au ton ferme, le Syndicat du chanvre de Nouvelle-Calédonie (SCNC) dénonce une information qu’il juge trompeuse dans certains médias locaux, sans citer de publication.
Cette prise de position intervient dans le contexte du recours évoqué dans notre article du 10 octobre. La société CBW, qui exploite l’enseigne CBWEED, conteste les restrictions de vente et d’importation du CBD. La décision du tribunal administratif est attendue demain, jeudi 15 octobre.
Les mêmes exigences pour tous
Le SCNC affirme travailler avec les autorités à une filière légale de chanvre et de cannabis médical. Il accepte les importations, mais réclame les mêmes obligations que pour la production locale.
Il défend des cannabinoïdes issus du cannabis, traçables et exempts de cannabinoïdes de synthèse. Il préconise leur vente en pharmacie, avec un conseil professionnel pour réduire les risques.
Même consommé pour le bien-être, le CBD peut modifier l’efficacité de certains médicaments ou augmenter leurs effets indésirables. Le syndicat juge donc irresponsable une distribution sans avis médical ni conseil pharmaceutique.
Le déclassement n’autorisait pas la vente libre
Comme le rappelait notre précédent article, retirer le CBD de la liste des stupéfiants ne signifiait pas autoriser sa vente libre.
En avril 2025, le gouvernement l’a inscrit sur la liste I des substances vénéneuses, en précisant qu’il était soumis à prescription médicale. Le SCNC estime que certains importateurs ont réinterprété cette évolution. Selon lui, des alertes sanitaires après l’arrivée de produits en décembre 2025 ont conduit les autorités à intervenir. Il évoque notamment des tachycardies, des hallucinations et des pertes de connaissance, sans préciser le nombre de signalements locaux.
Que contiennent les produits ?
Le SCNC alerte aussi sur la transformation chimique du CBD en d’autres cannabinoïdes, dont certains présentent des risques importants d’intoxication et de dépendance.
En France, l’ANSM et l’Anses ont signalé plusieurs centaines d’intoxications depuis début 2024 après consommation de produits présentés comme contenant du CBD. La majorité étaient liées à des cannabinoïdes de synthèse non annoncés ou à des taux de THC supérieurs au seuil autorisé.
Ces observations ne permettent pas de conclure sur les produits commercialisés en Calédonie. Elles soulignent toutefois l’enjeu défendu par le syndicat : connaître leur composition, leur origine et leurs conditions de distribution.
