Le CBD en pharmacie, mais pas dans les boutiques de bien-être. En Nouvelle-Calédonie, son importation reste interdite hors médicaments autorisés. La société CBW conteste ces restrictions devant le tribunal administratif. Après l’audience du 23 septembre, la décision est attendue le 15 octobre.
Sortir de la liste des stupéfiants n’aura pas suffi à ouvrir les portes des commerces calédoniens. En avril 2025, le gouvernement a changé le statut du cannabidiol, plus connu sous le nom de CBD, tout en le classant parmi les substances vénéneuses soumises à un encadrement sanitaire strict.
Ce déclassement a ouvert la voie aux médicaments qui en contiennent dans le circuit pharmaceutique, sous prescription médicale. Mais aucun feu vert n’a été donné à la vente libre d’huiles, de tisanes ou de cosmétiques au cannabidiol dans les boutiques de bien-être.
En décembre, l’exécutif a également verrouillé les importations. L’arrêté du 17 décembre 2025, publié deux jours plus tard, interdit l’entrée de tout produit contenant cette substance, à l’exception des médicaments autorisés. Une distinction qui préserve l’accès médical en pharmacie, mais ferme la frontière aux autres usages.
C’est ce double encadrement que CBW demande au tribunal d’annuler. Pour cette société, qui exploite l’enseigne CBWEED, l’enjeu touche directement à la poursuite de son activité.
Le conflit avait déjà pris une tournure concrète en décembre dernier, avec une saisie de marchandises par les Douanes et la DASS. L’entreprise affirmait que les produits avaient auparavant été déclarés, contrôlés et dédouanés. Elle évaluait leur valeur à près de 600 000 francs. Des éléments qui exposent sa contestation, sans suffire à établir l’illégalité de l’intervention
Après l’audience du 23 septembre, le rendez-vous est fixé au 15 octobre. Le tribunal devra trancher sur les restrictions contestées. Pour les boutiques de bien-être, l’enjeu est de taille, c’est la possibilité d’importer leurs produits et de les vendre qui se joue.

