Le chantier de déconstruction des patrouilleurs La Glorieuse et La Moqueuse, lancé à Nouméa, marque un tournant industriel et environnemental. Au-delà de l’opération, c’est toute une filière locale de maintenance et de démantèlement naval qui se structure.
Le démantèlement des anciens patrouilleurs P400 La Glorieuse et La Moqueuse marque une étape importante pour la Calédonie. Désarmés en 2019 et 2022, ces deux navires de la Marine nationale sont aujourd’hui déconstruits localement, après avoir été remplacés par des bâtiments plus récents, dont l’Auguste-Bénébig déjà en service et le Jean-Tranape attendu en juin 2026.
Piloté par le Service de soutien de la flotte, avec l’appui du gouvernement et du Port autonome, le chantier a débuté en janvier au petit quai Sud de Nouméa avant de se poursuivre sur la cale de halage de Nouville. Il doit s’achever dans le courant de l’année. Avec près de 500 tonnes d’acier à traiter pour un montant de 160 millions de francs, il s’agit du plus important chantier de démantèlement naval jamais réalisé sur le territoire.
Plusieurs entreprises calédoniennes ont été retenues à l’issue de l’appel d’offres, illustrant le savoir-faire local. EMC intervient sur la valorisation des déchets ferreux, en cotraitance avec AMPE pour la dépollution et le désamiantage. SCADEM assure les travaux sous-marins, SORECAL le remorquage et SOCALMO le grutage.
Au-delà de la dimension industrielle, l’opération répond à un enjeu environnemental majeur. Le démantèlement à terre permet d’abandonner les anciennes pratiques d’immersion en mer et d’assurer une gestion maîtrisée des matériaux dangereux, notamment l’amiante et les peintures au plomb. La cale de Nouville, classée installation pour la protection de l’environnement, est équipée pour récupérer et traiter les effluents, hydrocarbures et huiles dans le respect des normes en vigueur.
Pour les autorités, ce chantier dépasse largement le cadre ponctuel. Il s’inscrit dans une stratégie de structuration d’une filière navale locale. La mise aux normes de la cale de 1 000 tonnes, la création d’une plateforme de traitement de 1 000 m² et le développement d’un service de nettoyage de coques viennent renforcer les capacités du territoire.
À terme, le Port autonome entend capitaliser sur ces investissements pour positionner la Nouvelle-Calédonie comme un acteur régional de la maintenance et du démantèlement naval, avec des retombées attendues en matière d’emploi, de compétences et d’attractivité économique.
