Un amendement de 3 milliards de francs CFP pour construire 250 places de prison à Nouméa a été adopté en commission des finances. Une étape supplémentaire pour désengorger le Camp-Est, mais les crédits devront encore être confirmés dans le budget définitif de l’État.
Au Camp-Est, les réparations se succèdent sans résoudre le manque de places. C’est le constat dressé par Nicolas Metzdorf pour défendre son amendement au projet de budget 2027, adopté en commission des finances.
Cosigné par les députés Moerani Frébault, Mikaele Seo et Guillaume Kasbarian, ancien ministre et député d’Eure-et-Loir, le texte prévoit 3 milliards de francs CFP pour créer 250 places modulaires destinées aux courtes peines. Cette opération est présentée comme une première étape vers la relocalisation du Camp-Est.
Des milliards absorbés par les réparations
Selon les chiffres avancés dans l’amendement, l’État a investi près de 9,3 milliards de francs CFP au Camp-Est entre 2009 et 2026. Les auteurs indiquent que l’essentiel de ces dépenses a servi aux réparations après les mutineries et à la remise en état des cellules, sans créer les capacités nécessaires.
Pour la seule année 2024, les réparations liées à la mutinerie auraient absorbé environ 183 millions de francs sur un budget annuel de 251 millions, réduisant fortement les moyens disponibles pour les autres investissements.
Devant la commission, Nicolas Metzdorf a également évoqué les recours des détenus contre leurs conditions d’incarcération. Selon lui, l’État est régulièrement condamné à les indemniser pour des conditions de détention indignes. Le député estime que ces sommes auraient pu contribuer à financer une nouvelle prison, sans en préciser le montant.
Une réponse plus rapide au manque de places
Le projet modulaire doit permettre de séparer les personnes condamnées à de courtes peines de celles purgeant des peines plus longues. Il doit aussi libérer de l’espace au Camp-Est pour y engager des travaux de fond.
Les auteurs de l’amendement avancent un chantier environ 40 % plus court qu’une construction traditionnelle, avec moins de matériaux à acheminer. Ils rappellent que le nouveau centre pénitentiaire annoncé en 2024 n’a toujours pas vu le jour.
Guillaume Kasbarian a soutenu l’amendement en commission en évoquant lui aussi la situation dégradée de la prison. Nicolas Metzdorf revendique des soutiens allant des socialistes au Rassemblement national.
Le financement reste à confirmer
L’enveloppe de 3 milliards de francs est prévue pour 2027. Pour respecter les règles budgétaires, l’amendement prévoit une baisse équivalente du budget de la justice des mineurs. Ses auteurs demandent toutefois au gouvernement de financer cette enveloppe sans réduire les moyens consacrés aux jeunes.
L’adoption en commission constitue donc une première étape. Les crédits devront être conservés dans le budget définitif de l’État, tandis qu’aucun calendrier de livraison n’est précisé dans l’amendement.
