L’économie calédonienne reste à l’arrêt. Emploi en baisse, consommation fragile, crédit en chute, nickel sous perfusion… malgré un léger mieux, aucun signal de reprise solide ne se dessine. Les acteurs économiques, eux, ne voient toujours pas d’issue à court terme.
L’indicateur du climat des affaires (ICA) publié par l’IEOM illustre cette situation. S’il remonte progressivement depuis le point bas du deuxième trimestre 2024, il se stabilise à 91 fin 2025, un niveau toujours largement inférieur à ceux observés avant la crise. Autrement dit, la confiance ne revient pas.
Sur le front de l’emploi, la situation continue de se détériorer. Le secteur privé enregistre un recul de 2,1 % entre le troisième trimestre 2024 et le troisième trimestre 2025. Sur deux ans, la baisse atteint 18,4 %, selon les données de l’ISEE, illustrant l’ampleur du choc subi par le tissu économique local.
La consommation des ménages ne retrouve pas non plus son niveau d’avant-crise. Après une chute marquée en 2024, les paiements et retraits par carte bancaire repartent légèrement à la hausse en 2025 (+3,5 %), sans toutefois compenser le recul de l’année précédente (-6,9 %). Cette reprise partielle témoigne d’un climat encore incertain.
Même constat du côté de l’activité bancaire. La production de crédits recule encore en 2025 (-3,2 % sur un an, -50,5 % par rapport à 2023), alors même que les taux baissent. Un signal clair : les entreprises n’investissent plus et les projets restent gelés dans l’attente de jours meilleurs.
Dans les secteurs clés, la situation reste critique.
Le nickel, pilier historique, survit davantage qu’il ne se développe, dépendant toujours du soutien de l’État malgré des niveaux de production jugés corrects.
Le BTP continue de décrocher, avec une consommation de ciment à son plus bas.
Seul le secteur primaire montre quelques signes de résistance, sans suffire à inverser la tendance générale, d’autant que les chefs d’entreprise restent majoritairement pessimistes.
Le tourisme, enfin, ne parvient pas à redevenir un levier de croissance. Si les croisiéristes reviennent timidement, la chute du tourisme de séjour se poursuit. Les professionnels du secteur ne voient pas d’amélioration à l’horizon.
Dans ce contexte, l’économie calédonienne apparaît figée, dépendante d’aides publiques et suspendue à des décisions politiques encore incertaines. Sans cap clair, la sortie de crise semble aujourd’hui hors de portée.


