À la veille de l’examen du projet de loi constitutionnelle issu des accords dits de Bougival – Élysée-Oudinot, Paul Néaoutyine reprend la parole et durcit nettement le ton. Dans un communiqué adressé aux citoyens, le président de la province Nord critique frontalement les accords qu’il considère comme une remise en cause des équilibres issus de l’accord de Nouméa et comme un texte aux conséquences lourdes pour l’avenir institutionnel du territoire.
Dans la continuité de ses déclarations de fin janvier, il réaffirme son opposition et accuse ces accords d’« ouvrir la voie à la partition du pays » et de marquer un recul par rapport à Nouméa. Selon lui, la trajectoire engagée depuis les années 1990 est remise en cause, les nouvelles dispositions fermant la porte à la pleine souveraineté.
Le leader indépendantiste inscrit son intervention dans un contexte politique immédiat, à la veille du passage du texte devant les parlementaires. Il évoque des conséquences négatives, notamment pour les provinces Nord et des Îles. Il cible en particulier le corps électoral : rappelant son rôle dans son gel en 2003, il dénonce aujourd’hui un dispositif devenu « glissant », qu’il estime favorable au camp non-indépendantiste.
Sur le fond, Paul Néaoutyine conteste la logique même du projet. À ses yeux, les accords n’ouvrent pas vers l’émancipation mais ancrent durablement la Nouvelle-Calédonie dans l’ensemble français. Il pointe aussi une rupture juridique avec l’accord de Nouméa, estimant que certaines dispositions ne sont maintenues que si elles ne contredisent pas le nouveau texte.
Il met également en garde contre les effets institutionnels et économiques du dispositif. Le transfert de compétences fiscales, sans visibilité sur les mécanismes de solidarité, pourrait selon lui renforcer le poids de la province Sud et accentuer les déséquilibres, dans ce qu’il décrit comme une « hyperprovincialisation ».
Une position qui ne manquera pas d’alimenter le débat politique, tant Paul Néaoutyine est lui-même un acteur historique du système institutionnel qu’il critique aujourd’hui.

