[BILLET D’HUMEUR] Encore une tribune, encore des réactions, encore des discussions annoncées. Cette fois, ce sont des responsables socialistes qui prennent la plume dans Le Monde pour parler de l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie. Ils appellent à organiser les élections provinciales et à rouvrir le dialogue après. Sur le papier, rien de choquant. Dans les faits, une impression de déjà-vu.
Car depuis les trois référendums, tous conclus par un non à l’indépendance, le pays semble figé. Trois votes, trois réponses claires dans les urnes, et pourtant aucune direction réellement assumée. On discute, on négocie, on publie des tribunes… mais on a surtout l’impression de tourner en rond. Comme si ces consultations n’avaient finalement servi qu’à repousser les décisions difficiles.
La réaction du FLNKS illustre bien ce malaise. Le mouvement indépendantiste dit « prendre acte » de la tribune, sans s’en satisfaire. Autrement dit, il note la position, mais reste sur sa faim. Rien de nouveau, rien de décisif. Une formule polie qui traduit surtout une lassitude largement partagée, bien au-delà des seuls cercles politiques.
Car pendant que les responsables politiques débattent, le quotidien des Calédoniens continue, lui, d’avancer. Crise économique, inquiétudes sociales, perte de repères : autant de réalités qui rendent ces discussions institutionnelles de plus en plus abstraites pour une partie de la population. Beaucoup ont le sentiment que l’on parle beaucoup, sans jamais vraiment trancher.
Organiser les élections provinciales ? Sans doute. Reprendre le dialogue ? Évidemment. Mais tant que personne ne dira clairement ce que l’on fait des trois « non » successifs à l’indépendance, le débat restera bloqué. À force de tourner en rond, on finit par donner le sentiment que tout cela n’a servi à rien. Et que, depuis les référendums, le pays continue de s’enfoncer, économiquement et socialement, sans avoir fait un seul pas en avant.
