[EDITO] Depuis un an et demi, les autorités ferment les cavistes dès que la situation devient sensible. Au total, cela représente près d’un mois d’activité perdu. Un mois pendant lequel les commerçants ont continué à payer leurs loyers, leurs salariés, leurs charges et leurs emprunts. Sans la moindre compensation.
Le plus étonnant est que cela ne semble choquer personne.
L’État estime que ces interdictions sont nécessaires pour préserver l’ordre public ? Très bien. Mais alors où est le bilan ? À force de reconduire les mêmes mesures, il serait peut-être temps de démontrer leur efficacité. Combien de violences évitées ? Combien de troubles empêchés ? Quels résultats concrets justifient de pénaliser toujours les mêmes professionnels ?
Car pendant que les commerces légaux ferment, la demande ne disparaît pas. Elle se déplace. Certains font des réserves, d’autres se tournent vers des circuits parallèles qui, eux, ne connaissent ni fermeture administrative, ni contrôle, ni fiscalité. À chaque interdiction, le marché noir a toutes les raisons de se frotter les mains.
C’est tout le paradoxe de la situation. Ceux qui respectent les règles sont sanctionnés. Ceux qui les contournent trouvent souvent de nouvelles opportunités.
Après 26 jours de fermeture en dix-huit mois, une question mérite d’être posée : cherche-t-on réellement à résoudre un problème ou simplement à donner l’impression d’agir ? Car lorsque la même recette est appliquée encore et encore, sans véritable bilan public et sans indemnisation des professionnels concernés, il devient légitime de s’interroger.
Les cavistes ont payé leur part. Peut-être même davantage. Il serait temps désormais que l’État présente les résultats.

